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CHAPITRE XVIIL

DE LA MANIERE d'eXTRAIRE L'aRRIERE- FAIX APRES l'enfantement.

L'arriere-faix a esté ainsi appelle du vulgaire, parce qu'il vient après l'enfant, et qu'il est un autre faix à la femme: des autres est appelé le lict^ parce que l'enfant y est couché et enueloppé, et y demeure: des autres la deliurance, parce qu'estant hors, la femme est entièrement deliurée:et autant qu'il y aura d'enfans, autant y aura d'arriere-faix séparés l'vn de l'autre, chose aux matrones digne d'estre bien notée. Ce qui nous est demonstré par expérience, en celles qui ayans enfanté auiourd'huy , et mis horsleur arriere-faix, ayans deux enfans, lors qu'elles viennent à enfanter, quelque temps après ietlent vn autre arriere-faix.

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Or iceluy demeure souuent dans la matrice après l'enfantement , pour plusieurs et diuerses causes : comme par l'imbécillité de la vertu de la femme, pour auoir esté trop agitée et trauaillée de douleurs pendant le trauail desonenfantement, ou quele col de la matrice et autres parties voisines se seront si fort enflées, par long et mauuais trauail, au moyen de quoy l'issue se ferme, en sorte qu'il neptmt estre ietté hors. D'auantage peut demeurer à raison qu'il est entortillé et reployé dedans la matrice, ou s'il est demeuré à sec, à cause des eaux qui auront esté euacuées plustost qu'il n'estoit besoin , par quoy les voyes ne sont si glissantes et coulantes : ou qu'il est encore attaché à la matrice , par la liaison et emboucheure des veines et artères qu'on nomme Cotylédons ce qui se fait volontiers aux femmes qui auortent.

Car tout ainsi que nous voyons les fruits des arbres, lesquels ne sont encore en parfaite maturité, plus difficilement tomber que ceux qui sont du tout meurs, et lors qu'ils sont en parfaite maturité , tombent d'euxmêmes : ainsi est-il de l'arriere-faix, lequel se sépare de contre la matrice, quand l'enfant est à son terme pre^ fix. D'auantage quelquesfois adulent (ce que i'ay veu) qu'il ne peut nullement estre tiré dehors pource qu'il sera demeuré trop long-temps en la matrice, et que la femme se sera te nue descouuerte, de façon que l'air sera entré en la dite matrice, qui aura esté cause de faire grandement enfler le col et corps d'icelle 2.

' Ces mots : qu'on nomme Cotylédons, manquent dans toutes les éditions faites du vivant de Paré, et ont été ajoutés dans la première édition posthume.

' Celte dernière phrase : D'auantage quel-

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Et là OÙ il ne sevoit séparé de soyînesme, et demeurast en la malnce, U suruiendroit à la mcre plusieurs accidens, comme suflocalLon de matrice, ne pouiiant auoir son haleine, au moyen de la putrefaclion qui se fait en peu de temps, parce qu'il s'eleue plusieurs vapeurs corrompues et putrides qui montent au cœur et au cerueau. Parquoy ladite mere lonibe souuentesfois en défaillance de cœur, et quelquesfoisesl suffoquée, et rend Tesprit : pour ceste cause le faut extraire subit que l'enfant est sorti, en le tirant par le nombril, appelle petit boyau.

Et on il ne poijrroit estre ainsi extrait, faut situer la femme comme si Osa vonloit tirer l'enfant mort ou vif, lors que nature de soy ne le peut faire : dont la sage-femme mettra sa main doucement dans la nialrice, ointe d'buile, ou de quelque axonge, et suiura ledit nombril, qui lui servira de guide pour prendre l'arrieref?iix, et le séparera, s'il est encor adhérant contre le fond de la matrice, auec les doigts, le tournant de coslé et d'autre : elle tirera hors tout doucement, et non par violence, comme font les folles et idiotes pjatrones, de peur de tirer quant-et-quant le corps de la matrice, et la déprimer de son propre lieu, dont puis après plusieurs açcidens aduiennent, et sonnent la mort'. Carie tirant rudement, on peut rompre et dilacerer quelques veines, artères, ou fibres, et ligaments nerueux, où ladite matrice est liée et attachée , dont le sang sort : et estant sorti de ses propres vaisseaux , se

quesfoinadiiieni, etc., n'est pas dans l'édition de 1673; c'est une addition de 1575.

' Hippocratcs Aph. 0. 1, 5. — A. P. —

ÉME LIVRE ,

corrompt et putr^îfle , cause inflammation, apostcme, gangrené, et par conséquent la mort: ou pour le moins (pour auoir tiré et rompu les ligamens) aduient que la matrice tombe entre les iamhes de la femme, qui luy est vne peipe eldaqlenr inestimable, de quoy nous parlerons cy après. Et si lasage-femme trouue en tirant l'arriere-faix quelque thrombus ou sang caillé, il faut qu'elle le tire hors, et aussi qu'il ne demeure aucune portion dudit arriere-faix : quelqnesfois la femme le iette quelque temps après par sa nature en pourriture, qui ne se fait sans grands accidens.

On aide à l'expulsion d'iceluy pqjsternutations et fomenlations faites au col de la matrice de choses aromatiques, et par iniections de choses glaireuses et remollientes : d'auantage les senteurs fétides seront administrées par la bouche, et autres choses qui prouoquent les mois, et principalement vne décoction faite de arlemisiji et baccis lauri , auec vin miellé, ou demie drachme de poudre :

de sauinier donnée à aualler à la patiente : semblablement les cheueux de la femme bruslés et puluerisés sont profitables, les luy faisant foire aueq dp vin.

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