‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource]Chapitre 40 sur 482 · PROBLEME · texte numérisé non relu

PROBLEME

Pourquoy est-ce que les playes faîtes en la substance des Poulmons, causent fistules, desquelles sort grande quantité de matière purulente et fétide , qui fait que les malades meurent taiides et etiques.

Est-ce point que le Poulmon vlceré attire beaucoup de sang du cœur par la veine arterieiise , comme d'vne pompe, et l'ayant attiré ne le peut assimiler, ains se corrompt et tourne en sanie fétide, à raison qu'elle est retenue enclose au Thorax sanspouuoir estre euentilée, laquelle est iettéepar la playe, et quelquesfois par vomisse- , ment , et par les selles et vriues ? Or ladite sanie eschauffe les parties qu'elle touche et croupit , comme le Diaphragme et autres parties du Thorax, et d'elle s'esleuent vapeurs putredineuses , lesquelles sont communiquées au cœur et au cerueau, dont s'ensuit plusieurs accidens, et principalement fiéure hectique et coUiquatiue, et altération de l'esprit de la respiration : qui est la cause pourquoy les anciens ont appelle telle maladie Therioma , pour la voracité de l'vlcere, laquelle s'aggrandist tousiours par le moyen du mouuement du Poulmon. Qu'il soit vray , véritablement i'ay fait plusieurs ouuertures de corps morts par coups d'harquebuses, dont le boulet ne pouuoit estre plus gros que le bout du doigt, neantmoins ie trouuois la playe au Poul-

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mon grande à mettre vnesleuf'.Or ceste vlcere attire à soy le sang, comme vn loup affamé, de la veine arterieuse du cœur, et le cœur de la veine caue , dont tout le corps en est consommé et rendu sec , aride et etique :

dont la mort s'ensuit.

Et quant aux fistules , aucunes , neantmoins que le Poulmon ne soit point vulneré , ne laissent à ietter grande quantité de matière purulente, par-ce qu'elles sont voisines du cœur, qui, fontaine du sang (selon l'vsance commune de Nature, qui est de secourir la partie affligée, tant qu'elle peut, de sang et esprits, venant des rameaux de la veine azygos) en fournit sans fin et sans mesure ausdites parties offensées, sans ce que d'elles mesmes , par douleur, ou par chaleur, ou par leurs mouuemens (comme les Poulraons et Diaphragme) en peuuenl attirer à soy. Or ce sang fluant et euuoyé , ne péchant ny en quantité ny en qualité , imbu de la malignité de la partie vulnerée-, se fait purulent : d'où vient que tousiours nouvelle sanie s'engendre et desgorge à la playe, ou vlcere, qui en fin conduit le malade en vn marasme, le rendant sec, aride et etique:

dont le plus souuent le malade meurt d'vne fiéure hectique.

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