CHAPITRE LXI
LES CAVSES POVRQVOY LE FLVX MENS- TRVAL EST RETENV AVX FEMMES.
Les causes de la rétention et cessalion sont plusieurs, comme par mala-
1 Le chapitre se terminait ici en 1573; le dernier paragraphe a élû ajouté eu 1575.
ÉME LIVRE,
dies aiguës, ou longues: par tristesse, peur, faim, ou grands trauaux, et veiller, ou pour estre gros.se d'enfant, ou d'vne mole, ou autre mauuais germe: et flux de ventre, ou par hemorrhoïdes, ou flux de sang par le nez, ou parla bouche, ou d'autres parties :
aus.si pour estre trop souuent saignée : par sueurs, aussi vlceres fluantes en grande quantité, par multitudes de galles au cuir, par fiéures quartes longues » : par aage, comme vieillesse, par estre nourrice d'enfant, et autres : et pour le dire en vn mot, par toutes choses qui desseichent et euacuent le corps. Pareillement les menstrues sont supprimées parce que le sang est trop gros etglulineux, lequel ne peut sortir par l'orifice des veines : aussi pour auoir mangé grande quantité de fruits cruds et non meurs, et auoir beu eau froide, comme font volontiers les femmes :
aussi sont supprimées pour quelque vice de la matrice, comme quelque intemperature, ou aposteme, vlcere, ou pour la closture de son orifice par vne callosité ou excroissance de chair faite par playe ou vlcere, ou quelque membrane née et adhérante à la bouche de la matrice, ou pour y auoir trop ietté de certaines eaux astringentes, pour faire que le col de leur matrice fust plus petit et estroit: toutes lesquelles choses bouchent la matrice^, qui font que les menstrues
» Édition de 1673 ; fleures quartes, longues et autri:s : etpour le dire en vn mot, etc.
2 La première édition posthume et toutes les autres après elle portaient ici : que nous auons par ctj deuani appellé hymen. Ce membre de phrase est si étrange que je n'ai pu penser qu'il vint de Paré, et que j'ai préféré suivre le texte des quatre éditions publiées par lui-même cl de son vivant.
t)E LA. GENERATION.
ne peuucDt couler, et le sang est contraint régurgiter en la masse sanguinaire, qui cause plusieurs maladies et accitlens, voire souuent la mort.
D'auantage aucunes femmes ayans perdu leurs fleurs, ou iamais n'ayans eu le cours d'icelles, dégénèrent en Nature virile, et sont appellées hommasses , et des Latins Viragines, parce qu'elles sont robustes, audacieuses et superbes, et ont la voix d'homme, et deuiennent velues et barbues, à raison que ce sang qu'elles perdent chacun mois est retenu : ce qui est prouué par Hippocrates i , disant qu'en Abdere, Phaëtusa femme de Pytheas, au commencement qu'elle futmariée, porta enfans: mais quelque temps après sou mari estant exilé pour quelque délit, perdit ses fleurs, à raison dequoy luy suruindrent des douleurs et rougeurs aux articles. El cela luy estant survenu, son corps se changea en homme, deuenant veluë et barbue, sa voix estant rude et aspre : puis il adiouste : le semblable aussi aduint en Thaso, à Namysia, femme de Gorgippus 2. Telles femmes ou filles sont naturellement plus fortes et de température chaude et seiche, de sorte qu'elles peuuent aisément dissiper par insensible transpiration les superfluités de leur nourriture à la façon des hommes: et en outre sont stériles.
* Six. des Epld.scct. 8. 7. — A. P.
* Ici s'arrêtait ce paragraphe en 1673; le reste est de J575.