‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource]Chapitre 47 sur 482 · DES PLATES EN PARTICVLIEB · texte numérisé non relu

DES PLATES EN PARTICVLIEB

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bœuf qui esloit gelé , se perça de la broche le milieu de la main de part en part. le leur ay aggluiiné incontineul leurs playes, y mettant dés le premier appareil de mon baume assez chaud , sans nulle tente , et autour un defensif, et furent bien tost guéris , sans leur aduenir aucuns accidens

Toutesfois le ne conseille pas au ieune Chirurgien de se bazarder à suiure telle façon de pratiquer, que premièrement il ne soit bien exercé à discerner les diuerses complexions et habitudes des corps. Car cela ne pourroit bien succéder, si le corps estoit pléthorique . cacochyme , ou de sentiment fort aigu : en tel cas serait plus seur d'y besogner, comme nous dii'ons cy après.

Or non seulement les playes des nerfs différent en cura lion d'auec les autres playes , mais aussi sont différentes entre elles : car combien que tous medicamens soient propres aux nerfs blessés, lesquels attirent du profond, et tarissent les humidités et sanies, si est-ce que ceux qu'on applique aux piqueures , et où les nerfs ne sont pasdesnués, requièrent et endurent bien remèdes plus forls, subtils, et desiccatifs (toutesfois sans mortification) à ûn qu'ils puissent pénétrer au profond , en attirer et seicher l'humeur et sanie qui est autour , ou en la substance d'iceux nerfs. Au contraire, quand ils sont descouuerts, il n'est besoin que de medicamens doux , et qui seichent sans aucune mordication.

• Ces deux premiers paragraphes se retrouvent en substance à la fin du deuxième chapitre duTraitéde 1573; mais le paragraphesuivant, qui modifie la doctrine générale, ne date que do l'édition de 1576.

Exemple pour la piqueitre de nerf.

•if. Tcrebent. VcneliB, olei veteris ana j. Aqua; vilœ parum.

Autre.

Tf. Olei terebenthinîB §. j.

Aquœ vitœ 3. j.

Euphorbij 3. û .

Autre.

"if. Radiées dragontea; , brionije, valerianae , et gentiana; exsiccatas et in puluerem rcdaclas : misée cum decocto centaurei, et oleo aut axungia veteri.

Tu en mettras chaudement dedans la playe.

Autre,

Ifi. Galbanum, poix grasse, opopanax : liquéfiez en eau de vie et fort vinaigre, puis y meslez axunge de porc, d'oye, de poulie, de chapon, d'ours, huile vieille, huile ds lis, et semblables.

Autre.

"if. Olei hyper, sambuci et de euphorbio ana g j.

Sulphuris viui subtiliter puluer. §. fi. Gummiammon. bdellij ana 3. ij.

Aceti boni § . ij.

Vermium terrestriumpraeparatorum § . j.

Bulliant omnia simul ad consumptionem aceti.

On instillera en la playe de ce médicament, puis sera appliqué tel Cerat , lequel attire la matière du profond.

Tf. Olei supra script. § . j.

ïerebent. Venelse §.6.

Diachylonis albi cum gummis 3. x.

Ammoniaci, bdellij in aceto dissolutorura ana 3. ij.

Resinœ pini, gummi elemi, picis naualis, ana 3. v.

Cerœ quodsuflîcit.

Fiat ceratum satis molle.

Tu vseras prudemment aux piqueures des nerfs de tels et sembla- ^

LE HVITlJiME LlVllE,

bles,jreme(Jes, les diuersiûant selon la qualité et profondeur d'icelles, et aussi selon la lemperalurc et habitude des corps, et ayant esgard aux autres choses considérables ^ t n j .

Et où par tels moyens la douleur ne seroit appaisée, mais phistost augmentée, et qu'on yeist la partie enflanimée^ et les léures de la p.lqye esleji^éqs,ieltant vne sanie séreuse, subtile et virulente , nommée Ichor ^ : on

» Tout ce qui précède depuis le paragraphe.C>r.np«*eu/(?)ne»)«/eip/«!/es des «ei-A, elc, est de rédaction nouvelle, et date de 1576. Dans le petit Traité de 1673 on lit:

« Pour la curation, deux choses sont à considerer.à sçauoir, sederla douleur, et garder qu'il nese.face nouuelle fluxion et aposteme : et pour, ce faire on pppliquerai à laiplftie ,.au cemmftnicement,'Vnimedjcament dçssicoatif, et de subtile et teniie substance,! (in qu'il pénètre au profond de la pointure, et qu'il consomme les humidités qui y acquièrent (commenous auons dict) promptement acrimonie, qui est cause d'induire grandes et extrêmes douleurs et autres accidents.: parquoyon yi»ppli<iuera huiile de térébenthine, avec vn peu d'eau de vie bien recliûee, et pauldre d'euphorbe, ou de sou phre incorporés ensçmble-., et y seront appliqués assés chauds, ou en lieu d'iceux huille de vitriol , aueceau de vie : et autour de la partie , vn cataplasme tel que cestui :

:2f. Farinae bord, et orob. ana g . ij.

Sirup. acetos. § iij;

Flor. camomil. p. ij.

Lixiuii quantum sufficit.

Fiat cataplasma. .

» El où tels remèdes n'auroient peu appaiser ja douleur, etc.

2 A. partir de la cinquième édition, on tro^ye ici dons Je (,exte entre parenthèse la phrase latine suivante qui n'existe pas encore dans la quatrième : Hanç curandi rationem V atescus de Tarenla, lib.l. c. de conuulsione, annotaiiit, vt est neiui incisiontim.

J'ai cçu^ (levoir Jari)ppor;ler dans les notes, d'autant pluç que -sa rédaction latine fait fortement douter qu'elle soit bien d'A. Paré.

y doit appliquer de l'huile toute feruente j.auec vn peu de linge attaché au bout d'une espalulc, et en loucher le fonds et les parois de la playe trois ou quatre fois. Geste cautérisation fera tost après appaiser la douleur, à cause qu'en bruslant le nerf, tendon ou membrane, on oste le sentiment, et par conséquent la douleur : ainsi qu'il appert aux grandes et extrêmes douleurs des dents pertuisées , lors qu'on peut toucher au profond de leurs racines d'vn fer ardent , ■ ou d'huile de vitrioi rectiflée , ou d'eau de vie : car cela fait promptement cesser la douleur, en bruslant le nerf qui s'insère esdites racines. Nous voyons aussi aux vlceres corrosiues et ambulatiues (tousiours accompagnées de douleur extrême) qu'après y auoir appliqué vn médicament escarolique, comme poudre d'alun, de mercure, egypliac fortifié, icelle douleur cesse inconlineul

Or supposons encores que la douleur perseuere , et qu'il y ait ja com-

1 Ici finit le chapitre 2 du petit Traité de 1673. Le chapitre 3 traite Des Plaies des ioinc lires, et le quatrième Delà situation des ioinciiires estant Vh Inerées ; i\s forment ici les chapitres 41 et 42. Enfin les chapitres 5 , 6 et 7 traitent successivement Du spasme ou conuulsion, -r- De la curation — et de la Cure du. spasme par consentement et douleur-. Ils ont été reportés presque en entier et liltéra^ lement au livre Des playes en gênerai, où ils constituent les chapitres 9, 10 et 11 (voyez tome 1", page 443 et suiv.). L'unique modification est qu'au 1 1"- chapitre , pag'. 446 , après avoir indiqué les huiles propres à /a picijiieiire des nerfs, le Traité de 1573 ajoute à peu près l'équivalent du paragraphe qui termine ici notre chapitre 39.

«Et où tels medicamcns ne profiteroient, seroit le plus expédient de couper le nerf ou tendon tout au trauers , car par ce moien chasque partie se retirera vers son costé ,

DES PLAYJïS EN

meocemenl de reti aclion des nërfs ét spasme , et que le malade soit en danger (le rDort^.ei) tel c^, il .est expédient de couper d,u tô,iit le nerf ou tendon du trauers. Par ce jîioj en cbasque partie d'icfliiy sp retirant vers son coslé , n'y aura plus de contraction : vray est que l'action sera perdue, mais il vaut mieux la perdre que la vie. Ce que les anciens ont commandé.

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