‹ uvres complètes d'Évariste Parny, poète célèbreChapitre 13 sur 174 · PO^TE GREC · texte numérisé non relu

PO^TE GREC

Quel est doue ce devoir, cette fête nouvelle ,

Qui pour dix jours entiers t'éloignentdemes yeux?

Qu'importe à nos plaisirs l'Olympe et tous les Dieux ?

Et qu'est-il de commun entre nous et Cybèle ?

De quel droit ose-t-on m'arracher de tes bras ?

Se peut-il que du ciel la bonté paterneJle

Ait choisi pour encens les malheurs d'ici-bas ?

Reviens de ton erreur, crédule Éléonore.

Si tous deux égarés dans l'épaisseur du bois,

Au doux bruit des ruisseaux mêlanînos douces voix ,

Nous nous disions sans fin , Je t'aime, je t'adore;

Quel mal ferait aux dieux notre innocente ardeur.^

Sur le gazon fleuri si , près de moi couchée , Tu remplissais tes yeux d'une molle langueur; Si ta bouche brûlante à la mienne attachée Jetait dans tous mes sens une vive chaleur; Si, mourant sous l'excès d'un bonheur sans mesure , Nous renaissions encor, pour encore expirer; Quel mal ferait aux dieux cette volupté pure? La voix du sentiment ne peut nous égarer, Et l'on n'est point coupable en suivant la nature. Ce Jupiter qu'on peint si fier et si cruel, Plongé dans les douceurs d'un repos éternel, De ce que nous faisons ne s'embarrasse guère. Ses regards , étendus sur la nature entière , Ne se fixent jamais sur un faiWe mortel. Va , crois-moi , le plaisir est toujours légitime ; L'amour est un devoir, et l'inconstance un crime. Laissons la vanité , riche dans ses projets. Se créer sans effort une seconde vie ; Laissons-la promener ses regards satisfaits Sur l'immortalité; rions d<i sa folie.

Cet abime sans fond , où la mort nous conduit , Garde éternellement tout ce qu'il engloutit. Tandis que nous vivons, faisons notre Elysée. L'autre n'est qu'un beau rêve inventé par les rois , Pour tenir leurs sujets sous la verge des lois ; Et cet épouvantail de la foule abusée , Ce Tartare, ces fouets , cette urne , ces serpens, Font moins de mal aux mortsquedepeur aux vivans.

o'J POÉSIES J-PcOTIQUES.

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