‹ uvres complètes d'Évariste Parny, poète célèbreChapitre 153 sur 174 · CHANSON V · texte numérisé non relu

CHANSON V

Méfiez-vous desljlancs, habifans du rivage. Du temps de nos pères , des blancs descendirent dans cette île; on leur dit : Voilà des terres; que vos femmes les cultivent. Soyez justes , soyez bons, et devenez nos frères.

Les blancs promirent, et cependant ils faisaient

ClIANSOAS MADECASSES. lOf)

des retrauchemens. Un fort menaçant s'éleva; le tonnerre fut renfermé dans des bouches d'airain ; leurs prêtres voulurent nous donner un dieu que nous ne connaissonr. pas ; ils parlèrent enfin d'obéissance et d'esclavage : plutôt la mort! Le carnage fut long et terrible; mais, malgré la foudre qu'ils vomissaient, et qui écrasait des armées entières, ils furent tous exterminés. Méfiez-vous des blancs.

Nous avons vu de nouveaux tyrans plus forts et plus nombreux planter leur pavillon sur le rivage. Le ciel a combattu pour nous ; il a fait tomber sur €ux les pluies , les tempêtes et les vents empoisonnés. Ils ne sont plus, et nous vivons, et nous vivons libres. Méfiez-vous des blancs, habitans du rivage.

CHANSONS YI.

AMPANANl,

Jeune prisonnière , quel est ton nom?

VAÏNA»

Je m'appelle Vaïna.

AMPANANI,

■ Vaïna, tu es belle comme le premier rayoadu jour. Mais pourquoi tes longues paupières laissentelles échapper des larmes?

VAÏXA.

O roi! j'avais un amant.

AMrANA>"l.

Où est-il?

VAÏNA.

Peut-éfrn a-t-il péri dans le roniba t, lient- èîre a-t-ii du son salut à la fuile.

40 î CHAJNSONS MADECASSES.

AMPANANI.

Laissc-le fuir ou mourir ; je serai ton amant.

VAÏJVA.

O roi ! prends pitié des pleurs qui mouillent tes pieds !

AMPANANI.

Que veux-tu?

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