‹ uvres complètes d'Évariste Parny, poète célèbreChapitre 43 sur 174 · ÉLÉGIE V · texte numérisé non relu

ÉLÉGIE V

D'un long sommeil j'ai goûté la douceur.

Sous un ciel pur qu'elle embellit encore,

A mon réveil je vois briller l'Aurore ;

Le dieu du joiir la suit avec lenteur.

Moment heureux! la nature est tranquille,

Zéphyre dort sur la fleur immobile ,

L'air plus serein a repris sa fraîcheur,

Et le silence habite mon asile.

Mais quoi! le calme est aussi dans mon cœur!

Je ne vois plus la triste et chère image

Qui s'offrait seule à ce cœur tourmenté;

Et la raison par sa douce clarté

De mes ennuis dissipe le nuage.

Toi que ma voix implorait chaque jour,

Tranquillité, si lon^-temps attendue,

Des cieux enfin te voilà descendue.

Pour remplacer l'impitoyable Amour.

J'allais périr ; au milieu de l'orage

Un sûr abri me sauve du naufrage ;

De l'aquilon j'ai trompé la fureur ;

Et je contemple , assis sur le rivage.

Des flots grondans la vaste profondeur.

Fatal objet dont j'adorai les charmes,

m POÉSIES EROTIQUES.

A ton oubli je vais m'accoutumer.

Je t'obéis enfin ; sois sans alarmes; Je sens pour loi mon âme se fermer.

Je pleure encor , mais j'ai cessé d'aimer; Et mon bonbeur fait seul couler mes larmes.

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