‹ uvres complètes d'Évariste Parny, poète célèbreChapitre 52 sur 174 · A UN AMANT · texte numérisé non relu

A UN AMANT

Cruel , as-tu bien le courage

De tourmenter un jeune cœur ,

Qui, trop soumis , pour son malheur,

Chérit jusqu'à son esclavage.^

De l'hymen usurpant les droits ,

Ton orgueil prétend-il sans cesse

Ranger sous de pénibles lois

Celle qu'Amour fit ta maîtresse?

Tu dois sans doute être flatté

D'inspirer de tendres alarmes ,

Et d'affliger une beauté

Dont ta main peut sécher les larmes;

Il est dou^ de la désoler.

Sa douleur la rend plus jolie :

Mt-is les pleurs que l'on fait couler

Valent-ils ceux que l'on essuie ?

SUR LA MALADIE D'ÉLÉONOx^iE.

C'en est fait , la faux du trépas Se lève sur ma jeune amie ; Le feu d'une fièvre ennemie Brûle ses membres délicats.

Je l'ai vue au milieu des peines , Sur son front j'ai posé la main ; O douleur ! j'ai senti soudain Ce feu qui coule dans ses veines.

Ses yeux peignaient l'égarement Et le désordre de son ânre; Ses yeux, que je vis si souvent Briller d'une plus douce flamme, N'ont point reconnu son amant.

Ah ! ses beaux jours naissent à peine : O mort ! garde-toi de frapper, Ou tranche sa vie et la mienne :

ïu n'auras qu'un fil à couper,

Page 1