TABLEAU XX
De la jeuue et belle prêtresse
L'image poursuivait Myrtis.
Il fuit les autels de Cypris ,
Il fuit la brillante jeunesse,
Et chaque jour aigrit son mal.
Uu soir enfin du bois fatal
Il franchit de nouveau l'enceinte.
Il baise les rameaux chéi'is ;
Au ciel il adresse sa plainte ;
le ciel paraît sourd à ses cris.
Éole entasse les nuages;
De leurs flancs sortent les orages ;
Les éclairs suivent les éclairs ;
La foudre sillonue les airs.
Le berger brave la tempête.
Et le feu roulant sur sa tète.
Le myrte arrosé de ses pleurs ,
Par un faible et naissaul murmure,
Semble répoudre à ses douleurs.
Prodige heureux ! L'écorce dure
Se soulève , et prend sous sa main
L'albâtre et les contours du sein.
Une bouche naît sous la sienne,
Et soudain une fraîche haleine
Se mêle à ses soupirs brùlans.