‹ Œuvres complètes de Blaise PascalChapitre 42 sur 65 · VII. Extrait d'une lettre a Mme Périer · texte numérisé non relu

VII. Extrait d'une lettre a Mme Périer

En gros leur avis 8 fut que vous ne pouvez en aucune manière, sans blesser la charité et votre conscience mortellement et vous rendre cou-

*. Recueil ms. du P. Guerrier, p. 482.

2. J'ai copié cet extrait sur l'original écrit de la main de M. Pascal; il ne reste que la 4« et la 6 e page de cette lettre ; les autres sont perdues. [Note du P. Guerrier.)

3. De MM. de Singlin, de Sacy et de Rebours que M. Pascal consulta i Port-Royal, et qui lurent tous trois du même avis. Ce fut M. de Singlin qui

pable d'un des plus grands crimes, engager un enfant 1 de son âge et de son innocence et même de sa piété à la plus périlleuse et la plus basse des conditions du christianisme. Qu'à la vérité suivant le monde l'affaire n'avoit nulle difficulté et qu'elle étoit à conclure sans hésiter ; mais que selon Dieu, elle en avoit moins de difficulté et qu'elle étoit à rejeter sans hésiter * parce que la condition d'un mariage avantageux est aussi souhaitable suivant le monde, qu'elle est vile et préjudiciable selon Dieu. Que ne sachant à quoi elle devoit être appelée , ni si son tempérament ne sera pas si tranquillisé qu'elle puisse supporter avec piété sa virginité, c'était bien peu en connoître le prix que de l'engager à perdre ce bien si souhaitable pour chaque personne à soi-même et si souhaitable aux pères et aux mères pour leurs enfans , parce qu'ils ne le peuvent pkfcâ désirer pour eux ; que c'est en eux qu'ils doivent essayer de rendre à- Dieu ce qu'ils ont perdu d'ordinaire pour d'autres causes que pour Dieu.

De plus que les maris , quoique riches et sages suivant le monde , sont en vérité de francs païens devant Dieu-, de sorte que les dernières paroles de ces messieurs sont que d'engager une enfant à un homme du commun , c'est une espèce d'homicide et comme un déicide en leurs personnes.

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