ORDONNANCE DES VICAIRES GÉNÉRAUX DE PARIS
bonne , curé et archiprêtre de Saint-Séverin , conseiller du roi en sesdits conseils , vicaires généraux de M. le cardinal de Retz , archevêque de Paris. A tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut en Nôtre- Seigneur. Comme il est impossible de plaire à Dieu sans la foi/ et de vivre de la vie d'un véritable chrétien sans cette vertu , qui est le fondement de ce qu'on espère et la démonstration des choses qu'on ne voit pas : aussi est-il très-important que les prélats de l'Église veillent de telle sorte sur ceux que Dieu a commis à leur conduite , que cette foi , de laquelle ils sont les principaux dépositaires , ne puisse être aucunement altérée par des contentions de doctrine , qui souvent ne blessent pas moins la foi qu'elles détruisent la charité, laquelle, comme dit saint Paul , est la fin du précepte, et procède d'un cœur pur, d'une bonne conscience et d'une foi non feinte , ajoutant que ceux qui s'en départent , s'emportent à des discours de vanité et de questions inutiles , qui ne produisent que des querelles , de l'envie , de la médisance et de mauvais soupçons : et quand il arrive de telles contentions dans l'Église , il n'est pas moins du devoir épiscopal d'en arrêter le cours de bonne heure , et de réprimer la témérité de ceux qui en sont les auteurs, ou qui entreprennent de les soutenir, qu'il est de la piété et charité chrétienne de tâcher , par tous moyens , de les réunir en un même esprit dans le centre de l'unité catholique , qui est l'Église romaine. C'est ce que le pape Innocent X , d'heureuse mémoire , a voulu faire au sujet des cinq propositions concernant la matière de la grâce , qui lui avoient été présentées de la part de plusieurs évêques de France , par sa constitution du dernier mai 1653, après la publication de laquelle nous espérions que chacun demeureroit dans le respect et la soumission dus au saint-siége , et que toutes ces contentions et disputes touchant lesdites propositions cesseroient. Mais le malin esprit , qui envie toujours la paix de l'Église , et s'efforce d'y entretenir la division , a renouvelé ces disputes : et quoiqu'il ne s'agît, du temps d'Innocent X, que de savoir si lesdites propositions étoient véritables et catholiques , ou si elles étoient fausses et hérétiques ; et que ce pape les ayant condamnées comme hérétiques , il n'y eût plus rien à désirer , et que chacun dût se soumettre à la décision qu'il en avoit faite par sadite constitution : néanmoins on a mû une autre question de fait , et prétendu que ces propositions n'étoient pas de Cornélius Jansénius, évêque d'Tpres , et n'avoient point été condamnées au sens de cet auteur ; ce qui ayant de nouveau troublé la tranquillité de l'Église , a donné sujet à notre saint-père Alexandre VII de prononcer sur cette question par sa bulle du 16 octobre 1656 , laquelle nous avions fait publier en cette ville et diocèse de Paris, par notre mandement du 12 avril 1657 , et ordonné de la recevoir avec tout l'honneur et révérence qui est dû au saint-siége apostolique , et de l'observer de point en point selon sa forme et teneur , sous les peines y portées ; ce qui eût dû entièrement calmer les esprits. Cependant le contraire est arrivé , et les disputes ont continué comme auparavant ; ce qui a obligé le roi , par sa piété accoutumée , et le zèle qu'il a pour procurer et maintenir la paix et l'union dans l'Église ainsi oue dans son État , de désirer que MM. les évêques avisassent entre eux