‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 179 sur 672 · A L'ABBÉ DES BOCHES · texte numérisé non relu

A L'ABBÉ DES BOCHES

A quoi bon réveiller mes muses endormies, Pour tracer aux auteurs des règles ennemies ! Penses-tu qu'aucun d'eux veuille subir mes lois , Ni suivre une raison qui parle par ma voix ? O le plaisant docteur, qui , sur les pas d'Horace, Vient prêcher, diront-ils, la réforme au Parnasse! Psos écrits sont mauvais ; les siens valent-ils mieux ? J'entends déjà d'ici Linière furieux [terme.

Qui m'appelle au combat sans prendre un plus long De l'encre, du papier! dit-il : qu'on nous enferme! Voyons qui de nous deux , plus aisé dans ses vers , Aura plus tôt rempli la page et le revers! Moi donc, qui suis peu fait a ce genre d'escrime, Je le laisse tout seul verser rime sur rime, Et , souvent de dépit contre moi s'exerçant , Punir de mes défauts le papier innocent. [se,

Mais toi, qui ne crains point qu'un rimeurte noircis- Qu fais-tu cependant seul en ton bénéfice? [tard, Attends-tu qu'un fermier, payant, quoique un peu De ton bien pour le moins daigne te faire part ? Vas-tu. grand défenseur des droits de ton église, De tes moines mutins réprimer l'entreprise? Crois-moi , dût Luzanet 3 t'assurer du succès, Abbé, n'entreprends point même un juste procès. N'imite point ces fous dont la sotte avance Va de ses revenus engraisser la justice ; Qui , toujours assignant , et toujours assigués , Souvent demeurent gueux . de \ ingl procès gagnés. Soutenons bien nos droits : sot est celui qui donne. C'est ainsi devers C.aen que tout normand raisonne : Ce sonl là les leçons dont un père manceau Instruit son fils novice au sortir du berceau. Mais pour toi, qui, nourri bien en deçà de l'Oise,

1 Les quarante derniers vers de cette épltre commencèrent la Fortune tic Boileau. Louis \tv , après les lui .noir entendu réciter, le combla d'éloges et de faveurs, el lui adressa ce mot heureux : « Je vous louerais davantage si vous ne m'aviez pas

tant loue. >

» Jean-François- Armand Fumée, abbé des Boches, descendait d vl.im Fumée, premier médecin de Charles Vil , 1 1 mourut en itii , âgé d'environ soixante et quinze ans.

■ Fameux avocat au parlement de Paris B

As sucé la vertu picarde et champenoise , Non , non, tu n'iras point, ardent bénéficier, Faire enrouer pour toi Corbin ni le Mazier». Toutefois , si jamais quelque ardeur bilieuse Allumait dans ton cœur l'humeur litigieuse , Consulte-moi d'abord, et, pour la réprimer, Retiens bien la leçon que je te vais rimer. [tre ,

Un jour, dit un auteur, n'importe en quel chapi- Deux voyageurs à jeun rencontrèrent une huître. Tous deux la contestaient, lorsque dans leur chemin La Justice passa , la balance à la main. Devant elle a grand bruit ils expliquent la chose ; Tous deux avec dépens veulent gagner leur cause. La Justice, pesant ce droit litigieux, Demande l'huître, l'ouvre et l'avale à leurs yeux; Et par ce bel arrêt terminant la bataille : Tenez, voilà, dit-elle, à chacun une écaille. Des sottises d'autrui nous vivons au Palais. Messieurs, l'huître était bonne. Adieu. Vivez en paix ».

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