AUX RÉVÉRENDS PÈRES DE
Qui m'avaient attaqué dans leurs écrits.
Mes révérends Pères en Dieu,
Et mes confrères en satire ,
Dans vos écrits en plus d'un lieu, Je vois qu'à mes dépens vous affectez de rire : Mais ne craignez-vous point que, pour rire de vous , Relisant Juvénal , refeuilletant Horace , Je ne ranime encor ma satirique audace !
Grands Aristarques de Trévoux , N'allez point de nouveau faire courir aux armes Un athlète tout prêt à prendre son congé, Qui par vos traits malins au combat rengagé, Peut encor aux rieurs faire verser des larmes.
Apprenez un motde Régnier,
Notre célèbre devancier :
« Corsaires attaquant corsaires,
Ne font pas , dit-il , leurs affaires 3. »
1 Peint par Santerre.
* Trévoux.
J Vers de Régnier. (Boil.)
AUX MÊMES
Sur mon épître de l'Amour de Dieu.
Non, pour montrer que Dieu veut être aimé de nous, Je n'ai rien emprunté de Perse ni d'Horace, Et je n'ai point suivi Juvénal à la trace : [vous , Car, bien qu'en leurs écrits ces auteurs , mieux que Attaquent les erreurs dont nos âmes sont ivres ,
La nécessité d'aimer Dieu Ne s'y trouve jamais prêchée en aucun lieu ,
Mes Pères , non plus qu'en vos livres.
AUX MÊMES
Sur le livre des Flagellants , composé par mon frère le docteur de Sorbonne.
Non , le livre des Flagellants N'a jamais condamné, lisez-le bien, mes Pères,
Ces rigidités salutaires Que, pour ravir le ciel, saintement violents, Exercent sur leur corps tant de chrétiens austères. Il blâme seulement cet abus odieux
D'étaler et d'offrir aux yeux Ce que leur doit toujours cacher la bienséance; Et combat vivement la fausse piété , Qui, sous couleur d'éteindre en nous la volupté, Par l'austérité même et par la pénitence, Sait allumer le feu de la lubricité.