‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 231 sur 672 · ÉPITAPHE D'ARNAULD · texte numérisé non relu

ÉPITAPHE D'ARNAULD

Au pied de cet autel de structure grossière, Gît sans pompe, enfermé dans une vile bière , Le plus savant mortel qui jamais ait écrit ; Arnauld, qui , sur la grâce instruit par Jésus-Christ, Combattant pour l'Église, a dans l'Église même Souffert plus d'un outrage et plus d'un anathème. Plein du feu qu'en son cœur souffla l'Esprit divin , Il terrassa Pelage, il foudroya Calvin; De tous les faux docteurs confondit la morale; Mais, pour fruit de son zèle, on l'a vu rebuté , En cent lieux opprimé par leur noire cabale; Errant , pauvre , banni , proscrit , persécuté ; Et même par sa mort leur fureur mal éteinte N'aurait jamais laissé ses cendres en repos, Si Dieu lui-même ici de son ouaille sainte A ces loups dévorants n'avait caché les os.

1 II mourut à Port-Royal, en 1687, âgé de soixante-neuf ans.

2 C'est lui qui parle. (Boil.)

3 Mort à la Haye, le 8 août 1694, et enterré à Bruxelles. Son oreur fut apporté à Port-Royal , à la lin de 1694.

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