SUR LES TUILERIES
l 'les jardins , où les Zéphyrs et Flore Se trouvent tous les jours au lever de l'Aurore;
' \tirilnn- a Boileau, dans le Ménagiana, édition de la Monnaye.
• \.r- grec de {'Anthologie. (Boil.)— Voyez, la lettre de Boiieao a Brouette, du a août 1703.
Lieux charmants qui pouvez, dans vos sombres ré- Des plus tristes amants adoucir les ennuis , [duits , Cessez de rappeler, dans mon âme insensée, De mon premier bonheur la gloire enfin passée. Ce fut , je m'en souviens , dans cet antique bois Que Philis m'apparut pour la première fois. C'est ici que souvent, dissipant mes alarmes, Elle arrêtait d'un mot mes soupirs et mes larmes; Etque me regardant d'un œil si gracieux, Elle m'offrait le ciel ouvert dans ses beaux yeux. Aujourd'hui cependant , injustes que vous êtes, Je sais qu'à mes rivaux vous prêtez v os retraites , Et qu'avec elle assis sur vos tapis de fleurs, Ils triomphent, contents de mes vaines douleurs. Allez , jardins dressés par une main fatale , Tristes enfants de l'art du malheureux Dédale, Vos bois , jadis pour moi si charmants et si beaux , Ne sont plus qu'un désert , refuge des corbeaux , Qu'un séjour infernal , où cent mille vipères , Tous les jours, en naissant, assassinent leurs mères.
mhhii
FRAGMENT