‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 56 sur 672 · SUB LA MOBT DE HENRI LE GBA.ND · texte numérisé non relu

SUB LA MOBT DE HENRI LE GBA.ND

« Enfin l'ire du ciel et sa fatale envie, Dont j'avais repoussé tant d'injustes efforts , Ont détruit ma fortune , et sans m'ôter la vie , M'ont mis entre les morts.

a Henri , ce grand Henri , que les soins de nature Avaient fait un miracle aux yeux de l'univers , Comme un homme vulgaire est dans la sépulture A la merci des vers.

« Belle âme, beau patron des célestes ouvrages, Qui fus de mon espoir l'infaillible recours , Quelle nuit fut pareille aux funestes ombrages Où tu laisses mes jours?

« C'est bien à tout le monde une commune plaie , Et le malheur que j'ai, chacun l'estime sien; Mais en quel autre coeur est la douleur si vraie Comme elle est dans le mien?

« Ta fidèle compagne , aspirant à la gloire Que son affliction ne se puisse imiter, Seule de cet ennui me débat la victoire , Et me la fait quitter.

« L'image de ses pleurs , dont la source féconde Jamais depuis ta mort ses vaisseaux n'a taris, C'est la Seine en fureur qui déborde son onde Sur les quais de Paris".

1 Cette pièce , qui ne fut point imprimée dans le Recueil dé vers sur le trépas d'Henri le Grand, donné par du Peyrat en 1610, se trouve, pour la première fois dans l'édition de 1630; ce qui vient sans doute de ce que Malherbe, comme le dit Ménage d'après Racan , n'avait pas mis la dernière main à ses vers. St. MABC.)

2 Malherbe, ordinairement si sensé et si juste, ne l'est pas toujours. Il est ampoulé quelquefois, ou plutôt, ce fleuve, égal et paisible dans sa course, devient tout à coup un torrent impétueux qui fait du fracas . et qui tombe dans des précipices. (Bouhouks.)

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