‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 58 sur 672 · A LA REINE, MERE DU ROI · texte numérisé non relu

A LA REINE, MERE DU ROI

PEND vvi si BBGENCE.

Objet divin des âmes et des yeux,

Reine , le chef-d'œuvre des cieux , Quels doctes vers me feront avouer Digne de te louer?

J.e> monts fameux des vierges que je sers

Ont-ils des fleurs en leurs déserts, Qui , s'efforçant d'embellir ta couleur, Ne ternissent la leur?

Le Thermodon 2 a vu seoir autrefois

Des reines au trône des rois :

Mais que vit-il par qui soit débattu Le prix à ta vertu?

Certes nos lis, quoique bien cultivés,

Ne s'étaient jamais élevés Au point heureux où les destins amis Sous ta main les a mis3.

A leur odeur l'Anglais se relâchant ,

Notre amitié va recherchant ; Et l'Espagnol ( prodige merveilleux!) Cesse d'être orgueilleux •*.

De tous côtés nous regorgeons de biens ;

Et qui voit l'aise où tu nous tiens De ce vieux siècle aux fables récite Voit la félicité.

Quelque discord murmurant bassement Nous lit peur au commencement :

> Ces stances, dont tous les vers sont masculins, ne purent être chantées, parce que le premier vers est tr.'P court d'âne syllabe. Tai ippris cette partit ularité <!<• M. >(.■ Bac m, de qui f.u appris aussi que Malherbe n'avait polnl d'oreille pour la musique, et qu'il n'a Jamais pu raire d s vers sur tes airs que les musiciens lui donn dent m

* Flcu\e de Thémiscyre, pro\incede Cappadoa , voisine du pays des \':' izones.

3 Ce défaul d'ace m . entre !>• ver! • • I son nominatif, dé par Ménage h Saint-Marc comme une muta d impression : il n'j feu voir peut-être qu'une licence j- i tique autorir l'exemple des Grecs e( des Latins, qui mettent souvent au singulier un verbe re^i par an pluriel neutre. Quoi qu'il H " , pas osé loucher Mail» rbe.

i in venait d'entamer les ni ici lUons relatives an double mariage qui fut conclu, l'année suivante, entre Louis Mil et l'infante d'i spagne, le prince d'Espagne et madame BHsabetfa de Fr n

ŒUVRES DE MALHERBE

Mais sans effet presque il s'évanouit Plus tôt qu'on ne l'ouït.

Tu menaças l'orage paraissant,

Et tout soudain obéissant, Il disparut comme flots courrouces Que Neptune a tancés.

Que puisses-tu, grand soleil de nos jours ,

Faire sans fin le même cours, Le soin du ciel te gardant aussi bien Que nous garde le tien!

Puisses-tu voir sous le bras de ton fils

Trébucher les murs de Memphis , Et de Marseille au rivage de Tyr Son empire aboutir !

Les vœux sont grands : mais avecque raison

Que ne peut l'ardente oraison!

Et, sans flatter, ne sers-tu pas les dieux Assez pour avoir mieux?

Page 1