ÉTANT A LA CHASSE
Quand sur Bavard , par bois ou sur montagne,
A giboyer vous prenez vos ébats,
Dieux des forêts d'abord sont en campagne,
Et vont en troupe admirer vos appas.
Amis Sylvains , ne vous y fiez pas;
Car ses regards font souvent pires niches
Que feu ni fer; et cœurs , en tel pourchas,
Risquent du moins autant que cerfs et biches.
POUR LA MÊME
étant a la représentation de l'opéra d'alcide1.
Non , ce n'est point la robe de Aessus
Qui consuma l'amoureux fils d'Alcmène :
Ce fut le feu de cent baisers reçus ,
Qui dans son sang coulait déveine en veine.
Il en mourut; et la nature humaine
En fit un dieu que l'on chante aujourd'hui.
Que de mortels , si vous vouliez , Climène ,
Mériteraient d'être dieux comme lui!
SUR LA MÊME
qui s'occupait a filer.
Ce ne sont plus les trois Sœurs de la Fable Qui, de nos jours, font tourner le fuseau : Une déesse, aux mortels plus affable, Leur a ravi le fatal écheveau.
Mais notre sort n'en sera pas plus beau D'être filé par ses mains fortunées :
L'Amour , hélas ! armé de leur ciseau , Mieux qu'Atropos tranchera nos années.
1 Opéra de Campistron, musique de Marais et de Louis Lulli , troisième tils de Jean-Baptiste ; représenté a Paris le 3 février 1693 , et repris ensuite sous le Utre de lu Mort d' .41ride.
ÉP1GRAMMES, LIVRE I