‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 643 sur 672 · DE VERSAILLES · texte numérisé non relu

DE VERSAILLES

En ce pays métamorphose a lieu.

Dames de cour quittent formes humain* s ; Et le pouvoir de quelque nouveau dieu Les rend dauphins ou gentilles baleines. Notre princesse a même sort , dit-on :

Elle y parait sous la forme empruul Non d'Amphion, mais bien de Galatée, Qui, sur dauphin ou baleine porter.

Parcourt l'empire où nage le Triton.

C'est elle-même : on ne peut s'y méprendre, A cette taille , à cette majesté ,

ŒUVRES POÉTIQUES DE J. B. ROUSSEAU

A cette grâce , à cet air noble et tendre

Plus beau cent fois encor que la beauté.

Bien est-il vrai qu'il manque à l'immortelle ,

Pour achever en tout le parallèle,

Un point sans plus. Et quoi? C'est son Acis ,

Qui pour complaire à divine donzelle

Aux yeux hagards, que Bellone on appelle,

S'en est allé courir pour le pays.

Mais cet Acis, voici bien autre chose

(En ce pays tout est métamorphose) ,

Est à son tour bravement déguisé ;

Du fds d'Alcmène, en son adolescence ,

Acis a pris si bien la ressemblance,

Qu'Ovide même y serait abusé.

Or pour cela ne croyez pas , déesse ,

L'avoir perdu ; mais voici la finesse :

Un négromant m'en a conté le cas.

Le destin veut , par un ordre sévère ,

Qu'il soit toujours , soit dit sans vous déplaire ,

Acis ici , mais Hercule là-bas.

Je vous découvre en deux mots le mystère :

Amour, je crois, ne m'en dédira pas.

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