‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 85 sur 672 · LIVRE IV, SONNETS · texte numérisé non relu

LIVRE IV, SONNETS

Je ne me pouvais figurer Que ce fût chose naturelle.

J'ignorais que ce pouvait être Qui lui colorait ce beau teint Où l'Aurore même n'atteint Quand elle commence de naître.

Mais, Flurance , ton docte écrit M'ayant fait voir qu'un bel esprit Est la cause d'un beau visage,

Ce ne m'est plus de nouveauté , Puisqu'elle est parfaitement sage, Qu'elle soit parfaite en beauté '.

sub l'absence de la vicomtesse d'auchy.

Quel astre malheureux ma fortune a bâtie * , A quelles dures lois m'a le ciel attaché, Que l'extrême regret ne m'ait point empêché De me laisser résoudre à cette départie 3?

Quelle sorte d'ennuis fut jamais ressentie Egale au déplaisir dont j'ai l'esprit touché ? Qui jamais vit coupable expier son péché D'une douleur si forte et si peu divertie?

On doute en quelle part est le funeste lieu Que réserve aux damnés la justice de Dieu , Et de beaucoup d'avis la dispute en est pleine :

Mais, sans être savant et sans philosopher, Amour en soit loué , je n'en suis point en peine ; Où Caliste n'est point , c'est là qu'est mon enfer.

ou aux finirons (!.• Laval , vers 1671. il embrassa d'abord la profession des armes, el lut f.iii gentilhomme de la chambre de HiMiri IV en 1608. Deux ans après il accompagna le jeune comte de Laval au sir^r de Gomar, contre [es Tores , el j lut

hles>e de deu\ coups de cimeterre et d'un coup (le hache. Son seigneur y perdit la vie. Rentré en France, Rlvaull s'adonna

entièrement aux lettre-, dans lesquelles il avait déjà fait de grands progrès, et tut successivement nommé sous-précepteor, lecteur, précepteur du roi et conseiller d'État. Il mourut en 1616 , âgé de quarante-cinq ans. Mén.)

1 Pour parler juste, il fallait dire, puisqu'elle est parfaitement sage, qu'elle toit parfaitement belle. Mais les grands poètes négligent ces petits ajustements. (Mi n

1 Le propre des astres est dVcfal'rer, et non [lis |

(Cm nu vi .,

3 Départie pouf départ n'est plus en usage, non plus que la mmm pour l'arrivée. (MÉH.)

POUR LA MÊME

Il n'est rien de si beau comme Caliste est belle ». C'est une œuvre où nature a fait tous ses efforts; Et notre ài,re est ingrat qui voit tant de trésors, S'il n'élève à sa gloire une marque éternelle.

La clarté de son teint n'est pas chose mortelle : Le baume est dans sa bouche , et les roses dehors: Sa parole et sa voix 2 ressuscitent les morts , Et l'art n'égale point sa douceur naturelle.

La blancheur de sa gorge éblouit les regards 3 ; Amour est en ses yeux , il y trempe ses dards , Et la fait reconnaître un miracle visible.

En ce nombre infini de grâces et d'appas ,

Qu'en dis-tu, ma raison? crois-tu qu'il soit possible

D'avoir du jugement , et ne l'adorer pas ?

Mil.

POUR LA MÊME

Beauté de qui la grâce étonne la nature , Il faut donc que je cède à l'injure du sort, Que je vous abandonne, et, loin de votre port, M'en aille au gré du vent suivre mon aventure !

Il n'est ennui si grand que celui que j'endure; El la seule raison qui m'empêche la mort,

Ces! la < doute que j'ai que ce dernier effort .Ne fût mal employé pour une âme si dure.

Caliste , où pensez-vous? qu'avez-vous entrepris? Vous résoudrez-vous point à borner ce mépris Qui de ma patience indignement se joue?

Mais, ù de mon erreur l'étrange nouveauté!

> 5/ beau comme est un oormanisme.

» Malherbe n'est pas le premier qui ait mis quelque différence i otre ii v"i\ et i.i pamie, et il j en .t en i ffet Kl « )

; ( ,!,, est dit hardiment pour ibl uir le» veux I dan- Vithridate, a consacré cet emploi du mot rej

Et mes derniers regards ont vu fuir les Romalni.

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