A LA MÊME
C'est fait , belle Caliste, il n'y faut plus penser : Il se faut affranchir des lois de votre empire ; Leur rigueur me dégoûte, et fait que je soupire ■ Que ce qui s'est passé n'est à recommencer.
Plus en vous adorant je me pense avancer, Plus votre cruauté, qui toujours devient pire, Me défend d'arriver au bonheur où j'aspire , Comme si vous servir était vous offenser.
Adieu donc , ô beauté , des beautés la merveille ! 11 faut qu'à l'avenir ma raison me conseille , Et dispose mon âme à se laisser guérir.
Vous m'étiez un trésor aussi cher que la vie : Mais puisque votre amour ne se peut acquérir, Comme j'en perds l'espoir j'en veux perdre l'envie.
AU ROI
Quoi donc! c'est un arrêt qui n'épargne personne, Que rien n'est ici-bas heureux parfaitement, Et qu'on ne peut au monde avoir contentement Qu'un funeste malheur aussitôt n'empoisonne !
La santé de mon prince en la guerre était bonne , Il vivait aux combats comme en son élément; Depuis que dans la paix il règne absolument , Tous les jours la douleur quelque atteinte lui donne2 !
Dieux , à qui nous devons ce miracle des rois , Qui du bruit de sa gloire et de ses justes lois Invite à l'adorer tous les yeux de la terre ,
Puisque seul après vous il est notre soutien , Quelques malheureux fruits que produise la guerre, N'ayons jamais la paix , et qu'il se porte bien !
1 Pourje regrette.
1 Le 16 janvier 1609 , Henri IV fut attaqué de la goutte, qui le retint plus de quinze jours au lit.