ÉPITAPHE DE M1» DE CONTI
MABIE DE BOURBON.
Tu vois, passant, la sépulture D'un chef-d'œuvre si précieux Qu'avoir mille rois pour aïeux Fut le moins de son aventure.
O quel affront à la nature , Et quelle injustice des cieux , Qu'un moment ' ait fermé les yeux D'une si belle créature !
On doute pour quelie raison Les destins si hors de saison De ce monde l'ont appelée;
Mais leur prétexte le plus beau , C'est que la terre était brûlée S'il n'eussent tué ce flambeau ».
' Elle ne vécut que quatorze jours. (Ml v
1 Tuer un flambeau est une façon de parler figurée, mais
devenue d commune, qu'elle a ces.se d'être noble et poétique J'eusse mieux aime :
S'ils n'eussent eleint ce flaïubc.iu
Min
AU ROI
POUR LE PREMIER DALLET DE Mc» LE DÂ1 III IN.
Voici de ton Etat la plus ci ande merveille, Ce fils où ta vertu reluit si vivement ; Approche-toi , mon prince , et vois le mouvement Qu'en ce jeune Dauphin la musique iv\. iMe.
Qui témoigna jamais une si juste oreille A remarquer des tons le divers changement ? Qui jamais à les suivre eut tant de jugement, Ou mesura ses pas d'une grâce pareille ?
Les esprits de la cour s'attachant par les yeux A voir en cet objet un chef-d'œuvre des cieux , Disent tous que la France est moinsqu'il ne mérite:
Mais moi, que du futur Apollon avertit,
Je dis que sa grandeur n'aura point de limite ,
Et que tout l'univers lui sera trop petit.
A LA REINE
SUR LA MORT DE Mc» LE DUC D'ORLEANS,