‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 3)Chapitre 215 sur 257 · WIR · texte numérisé non relu

WIR

Nous censurons très-grièvement les curés qui manqueront à dire les premières vêpres des dimanches et des fêtes, sous quelque prétexte que ce soit.

Nous renouvelons les statuts et ordonnances faites par nos pré décesseurs d'heureuse mémoire et par nous, contre ceux qui ne portent pas la soutane et l'habit ecclésiastique conformément à iceux : renouvelons semblablement ceux qui regardent l’âge des servantes: déclarons toutes les peines y portées bien encourues

par les contrevenans : leur enjoignons d'y pourvoir, sans préjudice des autres peines portées par les canons. à

Nous comprenons dans lesdits statuts et ordonnances sur l’âge des servantes, celles qu'on aura recues dans sa maison avant: l’âge porté par lesdits statuts, encore qu'elles l'aient acquis depuis.

Nous ne recevrons pas les excuses de ceux qui auront des servantes dans l’âge inférieur, sous prétexte qu'elles seront avec leurs mères ou leurs sœurs : nous réservant méme d'éloigner les plus proches parentes, si elles sont immodestes, querelleuses ou mondaines et de mauvais exemple, afin que la maison des ministres de Jésus-Christ soit sainte et que leur célibat soit à édification, et non à opprobre à l'Eglise.

Nous défendons à tous ecclésiastiques de faire coutume d'user du tabac en poudre, notamment et en tout cas dans les églises, pour exterminer cette indécence scandaleuse de la maison de Dieu.

Nous renouvelons pareillement les ordonnances rendues sur la reddition des comptes, poursuites des reliquats, renouvellement des hypothèques, emplois des deniers et autres choses concernant le bien des fabriques : déclarant à tous les curés qui auront laissé passer trois ans sans faire sur ce sujet les diligenees requises et nous en faire apparoir, qu'après cette admonition nous les rendrons responsables de la perte des églises.

Enjoignons pareillement auxdits curés de faire toutes les poursuites et diligences nécessaires pour les réparations des églises, livres, ornemens, par qui il appartiendra, et de nous en donner avis, à peine d’être sévèrement censurés.

Quant à ceux qui négligent de faire selon leur devoir très-

pressant les prônes, les catéchismes et autres instructions pasto-

rales, ou selon une perverse coutume s’en croient dispensés pour - tout le reste de l'année, quand ils les font au temps de l'avent et du caréme, les noms en seront donnés par notre ordre à notre promoteur, à qui nous enjoignons de faire contre eux toutes les poursuites nécessaires et de nous en rendre compte, sans préjudice d'autres moyens que nous trouverons à propos de pratiquer de notre autorité. i;

Nous déclarons que nous dénoncerons en plein synode ceux qui manqueront aux choses susdites et autres de méme importance , ce qui tiendra lieu d'une admonition canonique : à l'effet de quoi nous ordonnons qu'il sera fait un registre en bonne forme, où seront écrites et registrées lesdites dénonciations et admonitions.

Nous ferons une pareille dénonciation en plein synode de ceux qui s'adonneront au jeu et à la crapule, ou feront entre eux des sociétés et fréries qui scandalisent les peuples, ou qui font coutume de ne se point trouver aux conférences, à moins que pour cause d'infirmité ils n'en aient obtenu de nous ou de nos vicaires généraux une permission par écrit.

Nous déclarons que les présentes admonitions et ordonnances.

auront force de statuts, sans préjudice d'autres règlemens.

Fait et publié en synode le seize d'octobre mil six cent quatrevingt-dix-huit.

+ J. BENIGNE, Evéque de Meaux.

Par le commandement de mondit Seigneur, Royer.

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