REMARQUES SUR LA FONDATION
Il est constant que c'est là tout ce qu'on a de la fondation de
1 Act. Ord. S. Bened., auct. D. Joh. Mabillon., sec. Il, p. 486. — ? 1bid., p. 321. 3 [bid., p. 612.
Jouarre. Il n'y paroit aucun privilége; et loin que cette fondation ait été royale dans son origine, on voit qu'Ado, un particulier, a fondé ce monastère dans ses terres et l'adoté de ses propres biens : In proprio solo, atque ex rebus propriis.
. Quand cette fondation seroit royale, elle ne le seroit pas à plus juste titre que celle des monastères de Sainte-Croix de Poitiers et de Chelles, où deux grandes reines, sainte Radégonde et sainte Bathilde ont pris l'habit de religieuses, après les avoir fondés avec une magnificence royale; et néanmoins ces deux abbayes sont soumises à l'ordinaire dés leur origine. Celle de Jouarre ne doit pas se croire plus privilégiée que ces deux-là ; ni que saint Faron lui ait accordé plus de privilége qu'au monastére de sa sceur sainte Fare, à qui il est bien constant qu'il n'en a jamais donné aucun, et qui en effet est toujours demeuré soumis et l'est encore. MT arid
Quant aux priviléges du Saint-Siége, outre qu'il n'en est fait aucune mention, comme on a vu dans l'histoire de cette fondation, on sait d'ailleurs que les papes n'en accordoient alors qu'à regret, méme aux monastères d'hommes ; et on ne croit pas qu'on en trouve aucun exemple pour les monastères de filles. Ainsi il est déjà très-constant que le monastère de Jouarre est soumis dans son origine, comme il le devoit étre naturellement , suivant les règles de l'Eglise et la pratique ordinaire de ces temps.