CHAPITRE XII
15. Alors le serpent jeta de sa gueule comme un grand fleuve pour l'entrainer... La persécution est signifiée par les eaux, selon le style ordinaire de l'Ecriture.
16. La terre aida la femme. Alors pour la première fois les puissances du monde secoururent l'Eglise. Constantin et Licinius réprimerent la persécution de Maximin. Cetyran battu par Licinius, sentit la main de Dieu, fit un édit favorable, et périt comme Antiochus et comme Galére Maximien, avec une aussi fausse pénitence, Euseb., lib. IX, x; de Vit. Const., I, rvm, rix ; Lactant., de Mort. persecut., xiv, XLVI, XLIX.
17. Et le dragon s'irrita contre la femme, et alla faire la guerre... Il renouvela encore, et pour la dernière fois, la persécution par le moyen de Licinius, mais qui tót aprés fut éteinte par Constantin, Euseb., lib. X, vi; de Vit Const., 1, v et seq.; II, 1 et seq. Saint Jean fait entendre le peu d'effet de cette persécution en la marquant seulement, sans en expliquer aucune particularité.
On ne peut s'empécher de voir ici dans la prophétie de saint Jean, sous trois princes persécuteurs, trois temps principaux de la dernière persécution que souffrit l'Eglise, aussi distinctement marqués qu'ils sont dans l'histoire méme. Le premier temps , depuis le commencement en 303 jusqu'à l'édit favorable de Galère Maximien en 311. Le second, dans les nouveaux efforts de Maximin repoussés par Constantin et Licinius, et finis enfin tant par la victoire de Constantin sur Maxence que par la mort et la rétractation de Maximin, an 312, 313. Le troisième, quand Licinius jusqu'alors trés-uni avec Constantin, attaqua l'Eglise et périt, an 319, 323. Zt il alla faire la guerre : le dragon fit quelque mouvement, qui fit connaitre à saint Jean le dessein qu'il eut de poursuivre encore les fidèles ; car il ne disparoit pas et il demeure présent dans toute la suite de cette vision, comme on le verra, XIII, 4; XVI, 13.
48. Et il s'arréta sur le sable de la mer. C'est le dragon qui s'arréte, selon la Vulgate: c'est-à-dire, qu'il ne remue plus rien et cesse de persécuter l'Eglise. Le grec porte : Je m'arrétai sur le sable de la mer. La lecon de la Vulgate est ancienne, et la chose en elle-méme est indifférente pour la suite de la prophétie.