‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 188 sur 392 · DE LA MANGOUSTE · texte numérisé non relu

DE LA MANGOUSTE

Il y a une grande mangouste qui nous paraît former une variété dans l’espèce des mangoustes; elle a le museau plus gros et un peu moins long, le poil plus hérissé et plus long, les ongles aussi plus longs, la queue plus hérissée et aussi plus longue, à proportion du corps.

DU SURIKATE.

Nous avons dit que le surikate ne faisait aucun mal aux enfants, qu'il ne mordait que quelques personnes adultes, et entre autres le maître de la maison, qu’il avait pris en aversion. J’ai appris, depuis, qu’en effet il ne mordait ni la femme ni les enfants de cette maison , mais qu’il a mordu nombre d’autres personnes des deux sexes. M. de Sève a observé que c’était par l’odorat qu’il était induit à mordre; lorsque quelqu’un le prenait, le cartilage du bout du nez se pliait pendant qu’il flairait, et suivant l’odeur qu’il recevait de la personne, il mordait ou ne mordait pas. Cela s’est trouvé constamment sur un assez grand nombre de gens qui ont risqué l’épreuve ; et ce qu’il y a de singulier, c’est que quand il avait mordu une fois quelqu’un il le mordait toujours ; en sorte qu’on ne pouvait pas dire que ce fut par humeur ou par caprice. Il y avait des gens qui lui déplaisaient si fort, qu’il cherchait à s’échapper pour les mordre, et quand il ne pouvait pas attraper les jambes il se jetait sur les souliers et sur les jupons, qu’il déchirait; il employait même quelquefois la ruse pour approcher les personnes qu’il voulait mordre.

M. Wosmaër, dans une note de sa description d’un écureuil volant, fait une remarque qui m’a paru juste, et dont je dois témoigner ici ma reconnaissance.

« M. de BulTon (dit M. Wosmaër) a vraisemblablement été trompé sur « le nom de surikate et sur le lieu de l’origine de cet animal, qui a été « envoyé l’été dernier par M. Tulbagh à S. A. S. Mêf le prince d’Orange. 11

* La mangouste d'Éggpte, selon Cuvier. (Voyez la nomenclature de la page 460 du III» volume. )

** Voyez la nomenclature de la page 447 du 111» volume.

DU SÜRIKATE.

« n’appartient point à l’Ainérique, niais bien à l’Afrique. Ce petit animal, « dont on m’avait adressé deux de sexe différent, mais dont la femelle est « morte pendant le voyage, n’a pas été connu de Kolbe, qui du moins n’en « fait aucune mention, et il paraît qu’il ne se trouve que fort avant dans « les terres, ce qu’on peut inférer de la lettre de M. le gouverneur, que je « reçus en même temps, et où il est dit : J’ai encore remis audit capitaine « deux petits animaux vivants, mâle et femelle, auxquels nous ne pouvons « cependant donner de nom, ni les rapportera aucune autre espèce, attendu « qu’on me les a envoyés pour la première fois, et de bien loin, des déserts « et montagnes de pierres de cette vaste contrée. Ils sont fort doux, gentils, (( et mangent de la viande fraîche, cuite ou crue, des œufs crus et des four- « mis quand ils peuvent en attraper. Je souhaite que ces petits animaux « arrivent en vie, puisque je ne crois pas qu’on en ait encore vu en Europe « de pareils. »

Ce témoignage de M. Tulbagli est positif, et ce que dit auparavant M. Wosmaër est juste; j’y souscris avec plaisir, car quoique j’aie eu cet animal vivant pendant longtemps, et que je l’aie décrit et fait représenter, je n’étais assuré ni de son nom , ni de son climat originaire, que par le rapport d’un marchand d’animaux, qui me dit l’avoir acheté en Hollande sous le nom de surikale, et qu’il venait de Surinam. Ainsi nous dirons maintenant qu’il ne se trouve point à Surinam ni dans les autres provinces de l’Amérique méridionale, mais en Afrique ' dans les terres montagneuses, au-dessus du cap de Bonne-Espérance. Et à l’égard du nom, il ne fait rien à la chose , et nous changerons volontiers celui de surikate lorsque nous serons mieux informés.

DE l’hyène.*

L’hyène, dont nous avons donné la description (page 86 du IIP volume), était très-féroce, au lieu que celle dont nous parlons ici, et qu’on montrait à la foire Saint-Germain en 1773 , ayant été apprivoisée de jeunesse, était fort douce, car quoique son maître l’irritât souvent avec un bâton pour lui faire hérisser sa crinière lors du spectacle, l’instant d’après elle ne paraissait pas s’en souvenir; elle jouait avec son maître, qui lui mettait la main dans la gueule sans en rien craindre. Au reste, cette hyène étant absolument de la même espèce et toute semblable à celle dont nous avons donné la description, nous n’avons rien à y ajouter, sinon que cette dernière avait la queue toute blanche , sans aucun mélange d’autre couleur ;

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