LE LÉROT A QUEUE DORÉE
Nous donnons ici, d’après M. Allamand, la description de ce petit animal qui ressemble au lérot par la taille, la figure et la forme de la queue, mais qui par la position et la forme des oreilles, et par la couleur dorée de la moitié de la queue, ressemble au muscardin ; il semble donc faire une espèce moyenne entre celles de ces deux animaux. « C’est, dit « M. Allamand®, à M. le docteur Klockner qu’on doit la connaissance de
а. « Istius (viverræ scilicet) ferocitatis est etiam agri vastator et cereris hostis hamster quem
« quidam cricetum nominant Existit iracundus et mordax In terræ cavernis lialdtat non
« aliter atque cuniculus sed angiistis, et idcirco pellis qua parte untrinque coxam tegit a pilis « est nuda. Major paulo quam domestica mnstela existit, pedes liatet admodum brèves ; pilis « in dorso color est fere Leporis , in ventre niger, in lateribus rutilus ; sed utrinque latus macu- « lis albis tribus numéro distinguitur. Suprema capitis pars ut etiam cervix, eundem (juem « dorsum babet colorem ; tempora rutila sunt, guttur est eandidum. Caudæ quæ ad très digitos « transversos longa ut similiter leporis color. Pili autem sic inhærent cuti ut ex ea difficulté!’ « evelli possint. Ac cutis quidem a carne facilius avellitur quam pili ex cute radicitus extrahan- « tur, atque ob banc causam et varietatem pelles ejus sunt preciosæ. » Georg. Agricol. De anim. suit., page 490. — Nota. Ilsuffitdè comparer cette description du Hamster, qui est fort bonne, avec celle que le même auteur donne du zizel, et que nous avons rapportée dans la note de la page précédente, pour être très-convaincus que ces deux animaux sont fort différents l’un de l’autre.
б. Histoire générale des voyages , t. XIX, page 253.
c. T. IV, Supplément, édition de Hollande, page 164 et suiv. , et pl. lxvii.
* Hystrix chrysuros (Sebreb.). — L’echimys à queue dorée (Cuv.). — Ordre des Rongeurs; genre Echimys {Cuv.),
ADDITIONS
« ce petit lérot ; il l’a reçu de Surinam sans aucune notice ni du nom qu’on K lui donne dans le pays, ni des lieux où il habite. Jusqu’à présent il n’a «jamais été décrit, ni même connu, quoiqu’il soit marqué de façon à s’at- « tirer l’attention. Les nomenclateurs à systèmes ne manqueront pas de le « ranger dans la classe des glires ou loirs de M. Linnæus, et effectivement « il mérite bien autant d’y avoir place que le rhinocéros ; et sans doute ils « en feront un membre de la famille des rats, qui comprend tant d’autres « animaux qui en approchent moins que celui-ci. Mais sans chercher à « déterminer le genre auquel il appartient, j’en donnerai une description « exacte qui m’a été fournie parM. KIockner, qui, toujours zélé pour l’avan- « cernent de l’histoire naturelle, a bien voulu me la communiquer en m’en- « voyant l’animal même, afin que je pusse mieux me convaincre de son « exactitude. J’ai d’abord été embarrassé sur le nom que je lui donnerais; « je n’aime pas ces noms composés qui déterminent l’espèce à laquelle on « doit rapporter l’animal qui le porle , lorsqu’il n’est pas très-évident qu’il « en soit. Cependant j’ai cru devoir adopter celui que lui a donné M. Klock- « ner, qui est en droit de le désigner par celui qu’il juge le plus conve- « nable; il l’a appelé lérot à queue dorée, sans prétendre qu’il tombe dans « cet engourdissement causé par le froid aux loirs d’Europe : un quadru- « pède, habitant de la zone torride, ne paraît pas devoir y être sujet. « Quelque conformité de figure, et surtout de sa queue , avec celle de nos « lérots, lui a fait préférer cette dénomination à toute autre.
« C’est par la singularité et la beauté de ses couleurs que cet animal se « fait remarquer. Son corps est de couleur de marron tirant sur le pourpre, « plus foncée aux côtés de la tête et sur le dos, et plus claire sous le ventre. « Cette couleur s’étend sur la queue à une petite distance de son origine : là, « les poils fins et courts qui la couvrent deviennent tout à fait noirs jusqu’à « la moitié de sa longueur, où ils sont plus longs et où ils prennent, sans « aucune nuance intermédiaire, une belle couleur d’orange approchant de « celle de l’or, et qu’ils gardent jusqu’à l’extrémité de la queue : une longue « tache de cette même couleur jaune orne aussi le front; elle prend son « origine au-dessus du nez : là elle est fort étroite, ensuite elle va en s’élar- « gissant jusqu’à la hauteur des oreilles, où elle finit. Cet assemblage de « couleurs si fort tranchantes, et si rares dans les quadrupèdes, offre un « coup d’œil très-frappant. Sa tête est fort grosse, à proportion de son « corps ; il a le museau et le front étroits, les yeux petits ; ses oreilles pré- « sentent une large ouverture, mais elles sont courtes et ne s’élèvent pas « jusqu’au-dessus de la tête; elles sont couvertes, en dehors et en dedans, « de poils très-fins, et il y en a de plus longs sur leurs bords, mais il faut « les regarder de près pour les apercevoir. La mâchoire supérieure avance « sensiblement au delà de l’inférieure ; l’os du nez est assez élevé, et le « haut du museau est couvert de poils, ce qu’on ne voit guère dans les