‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 238 sur 392 · LE PORC-ÉPIC DE MALACA · texte numérisé non relu

LE PORC-ÉPIC DE MALACA

Nous avons parlé d’un porc-épic des Indes orientales, et nous avons dit que ce porc-épic ne nous paraît être qu’une variété de l’espèce du porcépic d’Italie; mais il existe dans les contrées méridionales de notre continent, et particulièrement à Malaca, une autre espèce de porc-épic. Nous en avons vu un tout semblable entre les mains d’un marchand d’animaux, qui lefaisaitvoir à Paris au moisd’octobre 1777. Cette espèce diffère de l’espèce commune par plusieurs caractères très-sensibles, et surtout par la forme et la longueur de la queue ; elle est terminée par un bouquet de poils longs et plats, ou plutôt de petites lanières blanches semblables à des rognures de parchemin; et la queue, qui porte cette houppe à son extrémité, est nue, écailleuse, et peut avoir le tiers de la longueur du corps, qui est de quinze à seize pouces. Ce porc-épic de Malaca est plus petit que celui d’Europe; sa tête est néanmoins plus allongée, et son museau, revêtu d’une peau noire, porte des moustaches de cinq à six pouces de longueur. L’œil est petit et

a. Voyage de Kalm, t. II, page 330.

b. Voyage de Kamtschatka , page 73.

* Voyez la nomenclature de la page 646 du II® volume.

** Hystrix fasciculala (Lion.). — Le porc-épic à queue en pinceau (Cuv-L

ADDITIONS

noir; les oreilles sont lisses, nues et arrondies : il y a quatre doigts réunis par une membrane aux pieds de devant, et il n’y a qu’un tubercule en place du cinquième; les pieds de derrière en ont cinq, réunis par une membrane plus petite que celle des pieds de devant. Les jambes sont couvertes de poils noirâtres; tout le dessous du corps est blanc; les flancs et le dessus du corps sont hérissés de piquants, moins longs que ceux du porc-épic d’Italie, mais d’une forme toute particulière, étant un peu aplatis et sillonnés sur leur longueur d’une raie en gouttière. Ces piquants sont blancs à la pointe, noirs dans leur milieu, et plusieurs sont noirs en dessus et blancs en dessous; de ce mélange résulte un reflet ou un jeu de traits blancs et noirâtres sur tout le corps de ce porc-épic.

Cet animal, comme ceux de son genre, que la nature semble n’avoir armés que pour la défensive, n’a de même qu’un instinct repoussant et farouche. Lorsqu’on l’approche il trépigne des pieds, et vient en s’enflant présenter ses piquants qu’il hérisse et secoue. Il dort beaucoup le jour, et n’est bien éveillé que sur le soir; il mange assis et tenant entre ses pattes les pommes et autres fruits à pépin qu’il pèle avec les dents; mais les fruits à noyau, et surtout l’abricot, lui plaisent davantage; il mange aussi du melon, et il ne boit jamais.

LE COENDOU. *

La Guiane fournit deux espèces de coendous. Les plus grands pèsent douze à quinze livres. Ils se tiennent sur le haut des arbres et sur les lianes qui s’élèvent jusqu’aux plus hautes branches. Ils ne mangent pas le jour. Leur odeur est très-forte et on les sent de fort loin. Il font leurs petits dans des trous d’arbres au nombre de deux. Ils se nourrissent des feuilles de ces arbres, et ne sont pas absolument bien communs. Leur viande est fort bonne : les nègres l’aiment autant que celle du paca. Suivant M. de la Borde, les deux espèces ne se mêlent pas ; on ne les trouve deux à deux que quand ils sont en chaleur; dans les autres temps ils sont seuls, et les femelles ne quittent jamais l’arbre où elles font leurs petits ; ces animaux mordent quand on s’y expose, sans cependant serrer beaucoup.

Ceux de la petite espèce peuvent peser six livres ; ils ne sont pas plus nombreux que les autres; les tigres leur font la guerre, et on ne les trouve jamais à terre pendant le jour.

Nous avons parlé de ces deux espèces de coendous, lesquelles existent en effet dans les climats chauds de l’Amérique méridionale.

Voyez la nomenclature de la page 409 du IID volume.

LE COENDÜU.

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