DE LA GAZELLE A BOURSE SUR LE DOS
(Par M. le professeur Allamand.)
« Avec sa sagacité ordinaire, M. de Buffon a éclairci tout ce qui a été dit « jusqu’à présent d’embrouillé au sujet des gazelles; il en a exactement dé- « crit et déterminé toutes les différentes espèces qui sont parvenues à sa con- « naissance, et il en a connu plus que personne avant lui; mais dans la « nombreuse liste qu’il nous en a donnée, il n’a pas cru qu’il les avait toutes « comprises. Ces animaux habitent pour la plupart l’Afrique, dont l’inté- « rieur est presque encore entièrement inconnu; ainsi on ne peut pas dou- « ter qu’il n’y en ait nombre d’espèces qui n’ont point été décrites. La ga- « zelle dont je vais parler en est une preuve; c’est à M. le capitaine Gordon « que nous en sommes redevables. Cet officier, que j’ai eu plus d’une fois « occasion de nommer, joint à toutes les connaissances de l’art militaire un « vif désir d’enrichir l’histoire naturelle de nouvelles découvertes : c’est ce « qui l’a déterminé, il y a quelques années, à entreprendre un voyage au « cap de Bonne-Espérance et à y retourner l’année passée, après avoir « obtenu de la Compagnie des Indes un emploi de confiance qui ne pouvait « être mieux exercé que par lui, mais qui ne l’empêchera point de pousser « ses recherches comme naturaliste. Depuis qu’il y est arrivé, j’ai eu la satis- « faction d’apprendre par ses lettres qu’il a déjà découvert trois animaux « qu’il m’envoie et qui jusqu’à présent n’ont point été vus en Europe. En « les attendant avec impatience, je vais faire connaître la gazelle qui fera « le sujet de cet article et qu’il avait placée dans la ménagerie du prince « d’Orange. C’était la seule qui fût restée en vie d’une douzaine qu’il avait « amenées avec lui.
« Nous sommes redevables du dessin de cette gazelle à M. J. Temminck, « receveur de la Compagnie des Indes, amateur bien connu par sa ména-
1. Le spyingerbock, la chèvre sautante décrite par Forster, la gazelle à bourse d’Allamand ne sont , en effet , que le même animal.