‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 49 sur 392 · LE MONA · texte numérisé non relu

LE MONA

Cet animal mâle, apporté de la côte de Guinée, doit être regardé comme une variété dans l'espèce de la mone, à laquelle il ressemble assez par sa grosseur et la couleur du poil : il a seulement plus de légèreté dans les mouvements et dans la forme de ses membres; la tête a aussi plus de finesse, ce qui lui rend la physionomie agréable. Les oreilles n’ont point, comme celles de la mone, une échancrure sur le bord supérieur, et ce sont là les caractères par lesquels il diffère de la mone; mais, au reste, il a comme elle des abajoues, et des callosités sur les fesses. La face est d’un gris ardoisé; le nez est plat et large, les yeux sont enfoncés et l’iris en est orangé; la bouche et les mâchoires sont d’un rouge pâle; les joues sont garnies de grands poils grisâtres et jaunes verdâtres qui lui forment comme une barbe épaisse qui s’étend jusque sous le menton. On voit au-dessus

• C’est le même animal que la mone. (Voyez la nomenclature de la mone, p. 62. )

ADDITIONS

des yeux une bande noire qui se termine aux oreilles , lesquelles sont assez plates et noires, excepté à l’orifice du canal auditif, qui est recouvert de grands poils grisâtres. On voit sur le front un bandeau blanc grisâtre, plus large au milieu et en forme décroissant. Le sommet de la tête et le derrière du cou sont couverts de poils verdâtres mélangés de poils noirs. Le corps est couvert de poils bruns et jaunâtres, ce qui lui donne un reflet olivâtre. Les faces externes des bras et des jambes sont noires, et cette couleur tranche avec celle des faces internes, qui sont blanches, ainsi que tout le dessous du corps et du cou. La queue est très-longue, de plus de vingt pouces de longueur, et garnie de poils courts et noirâlres. On remarque de chaque côté de l’origine de la queue une tache blanche de figure oblongue. Les pieds et les mains sont tout noirs, ainsi que le poignet.

Cet animal n’était âgé que de deux ansj il avait seize pouces quatre lignes de longueur depuis le museau jusqu’à l’anus. Les dents étaient au nombre de trente-deux, seize en haut comme en bas, quatre incisives, deux canines et deux mâchelières de chaque côté : les deux canines supérieures étaient beaucoup plus longues que les inférieures.

Au reste, le naturel de cette guenon paraît être fort doux; elle est même craintive, et semble peureuse. Elle mange volontiers du pain, des fruits et des racines.

C’est le même animal auquel Linnæus a donné le nom de diana, le même que M. Schreber a nommé diane'^', et encore le même que M. Pennant appelle spotled monkey ; mais ils se sont trompés en le confondant avec l’exquima de Marcgrave, qui, comme je l’ai dit, n’est qu’une variété du coaïta d’Amérique, sapajou à queue prenante, au lieu que celui-ci est une guenon de l’ancien continent, dont la queue n’est point préhensile.

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