‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 3)Chapitre 115 sur 495 · IV. — l’oiseau ROUGE A BEC DE GRIMPEREAU · texte numérisé non relu

IV. — l’oiseau ROUGE A BEC DE GRIMPEREAU

Quoique cet oiseau et les trois suivants aient été donnés pour des oiseaux américains, et qu’en celte qualité ils dussent appartenir à la tribu des guit-

a. Voyez les planclies enluminées, n“ 83, où cet oiseau est représenté figure 1, sous le nom de Grimpereau à longue queue du cap de Bonne-Espérance. — Gerini, Ornilhol. italienne,

t. II, pl. 201, fig. 2. . .

h. « Ceitliia viridi-aurea, cupri puri colore varions ; tænià utrimque rostrum inter et oculum « riigri; inaculà utrimque infra liumeros lutcà; rectricibus nigris, oris exterioribus viriJi- « aurcis , dualms iiitermediis longissimis, » Cerihia longicauda capilis Boncs-Spei , giimpc* reau à longue queue du cap de Bonne-Espérance. Brisson , t. III , p. 647. « Ceithia rectiici-

(I bus duabus inteimcdiis longissimis; corpore viridi nitente; axillis luteis; loris nigris, » Famosa. Linnæus, Syst. nat., édit. XIII , g. 65 , sp. 20 , p. 187.

c. Acicula Mexicana seu hoilzilUn. Seba , t. I , p. 70 , 6. - Falcinellus Mexicanus.

Klein, Ordo aviurn , p. 107, n» 3, sp, 1. - « Certliia saturatè rubra, eapite superiùs dilutè

‘ Cerihia famosa (Linn.). — Cinnyris famosus (Vieill.).

Cerihia mexicana (Gmel. ). — Cerihia coccinea (Lath.). Espèce encoie indéterminée.

guits, cependant il nous a paru, d’après leur conformation et surtout d’après la longueur de leur bec, qu’ils avaient plus de rapport avec les soui-mangas, et en conséquence nous avons cru devoir les placer entre ces deux tribus, et, pour ainsi dire, sur le passage de l’une à l’autre. Nous nous y sommes déterminés d’autant plus volontiers, que l’indication du pays natal de ces oiseaux, ou n’a point de garant connu, ou n’est fondée que sur l’autorité de Seba, dont les naturalistes connaissent la valeur, et qui ne doit balancer en aucun cas celle de l’analogie. Nous aurons néanmoins cet égard pour les préjugés reçus de ne point encore donner aux espèces dont il s’agit le nom de soui-manga : nous nous contenterons d’avertir que c’est celui qui leur convient le mieux ; ce sera au temps et à l’observation à le leur confirmer.

Le rouge est la couleur dominante dans le plumage de l’oiseau dont il est ici question ; mais il y a quelque différence dans les nuances, car le rouge du sommet de la tête est plus clair et plus brillant ; celui du reste du corps est plus foncé : il y a aussi quelques exceptions, car la gorge et le devant du cou sont de couleur verte, les pennes de la queue et des ailes terminées de bleuâtre, les jambes, le bec et les pieds d’un jaune clair.

Sa voix est, dit-on, fort agréable, et sa taille est un peu au-dessus de celle de notre grimpereau.

Longueur totale, environ quatre pouces et demi ; bec, dix lignes ; tarse, six lignes; doigt du milieu, cinq lignes, un peu plus long que le doigt postérieur; queue, quatorze lignes, composée de douze pennes égales : dépasse les ailes d’environ sept lignes.

Je regarde comme une variété dans cette espèce l’oiseau rouge à tête noire® que Seba et quelques autres, d’après lui, placent dans la Nouvelle- Espagne. Cet oiseau est si exactement proportionné comme le précédent, que le tableau des dimensions relatives de l’un peut servir pour les deux : la seule différence apparente est dans la longueur du bec, que l’on fixe à dix lignes dans l’oiseau précédent, et à sept dans celui-ci, différence qui en produit nécessairement une autre dans la longueur totale ; mais ces mesures ont été prises sur la figure, et par conséquent sont sujettes à erreur : elles sont ici d’autant plus suspectes, que l’observateur original ,

« rubro ; gulture viridi ; rectricibus saturatè rubris , apice sub-cæruleseenübus , » Certhia Mexicana rubra , grimpereau rouge du Mexique. Brissoii , t. III, p. 651. — Trogloditæ adfinîs { idest Polytmo ). Moehring, Avium généra, p. 79, g. 102. — Gerird, Ornithol. ital., p. 60, sp. 32. — Trochilus coccineus. Linnæus , Syst. nat., édit. VI.

a. « Avicula de tatac exNovà Hispanià; passeris magnitudine , rostro longo. » Seba, Thésaurus, p. 74 , pl. 70 , fig. 8 , cap. cLxxxv. — Ce tatac est fort différent de celui de Fernandez.

— Sylvia ruora , rostro longiori; en allemand , rother mentzel mit schwartzer haube. Klein, Ordo avium , p. 80 , n® 20. — M. Moebring en fait une espèce de coliou. Gen. av., g. 16, p. 36.

— « Gertbia dilutè rubra ; capite nigro ; tectricibus alarum superioribus aureo colore tinctis ; « remigibus rectricibusque saturatiùs tinctis, » Certhia Mexicana rubra atricapilla , grimpereau rouge à tète noii’e du Mexique. Brisson, t. III, p. 653. — Gerini , p. 60, sp. 33.

les soui-mangas a longue queue.

Seba, paraît avoir été plus frappé du long bec" de cet oiseau-ci qne de celui de l’oiseau précédent. Il est donc très-probable que le dessinateur ou le graveur auront raccourci le bec de celui dont il est ici question; et pour peu que l’on suppose qu’ils l’aient seulement raccourci à eux deux de trois ou quatre lignes, toutes les proportions de ces deux oiseaux se trouveront parfaitement semblables et presque identiques ; mais il y a quelques différences dans le plumage, et c’est la seule raison qui me détermine à distinguer celui-ci du précédent comme sirflple variété.

Il a la tête d’un beau noir et les couvertures supérieures des ailes d’un jaune doré; tout le reste est d’un rouge clair, excepté les pennes de la queue et des ailes, qui sont d’une teinte plus foncée.

A l’égard des dimensions relatives des parties, voyez celles de 1 oiseau précédent, lesquelles, comme nous l’avons dit, sont ou doivent être exac tement les mêmes.

Y. — l’oiseau brun a bec de grimpereau.

Le bec de cet oiseau fait lui seul en longueur les deux septièmes de tout le reste du corps. Il a la gorge et le front d’un beau vert doré, le devant du cou d’un rouge vif, les petites couvertures des ailes d’un violet brillant, les grandes couvertures et les pennes des ailes et de la queue d un brun teinté de roux, les moyennes couvertures des ailes, tout le reste du dessus et du dessous du corps d’un brun noirâtre, le bec et les pieds noirs.

Cet oiseau n’est pas plus gros que notre bec-figue.

Longueur totale, cinq pouces un tiers; bec, un pouce; tarse, sept lignes et demie; doigt du milieu, six pouces, plus grand que le postérieur; vol, huit pouces; queue, vingt-une lignes, composée de douze pennes égales; dépasse les ailes d’environ sept lignes.

YI. — l’oiseau pourpré a bec de grimpereau

Tout son plumage sans exception est d’une belle couleur de pourpre uniforme; Seba lui a donné arbitrairement le nom û'atototl, qui, en mexicain,

G. lîosO-o /on</o, dit Seba; ros«ro loîîâ'/ori, dit Klein d’après Seba. ,

b. Voyez les planches enluminées, n» 578, où cet oiseau est représenté, figure 3, sous le nom

de Grimpereau brun du Brésil. „ ■ r • ,

c. « Certliia fiisco-nigricans ; syncipite et gutture viridi-aureis collo mferior ’ "

« tricibus alamm minimis splendidè violaceis ; rectricihus fuscis ad rufum

Certhia Brasiliensis nigricans , grimpereau noirâtre du Brésil. Brisson, . ’ ^ .

« Certhia nigricans, gutture viridi-nitente, pectore purpurco, » GuUuraUs. Linnæus, édit. XIII , g. G5, sp. 15, p. 18G. — « Cerzia nerastra osia superiormente scura ed inter « mente di più colori , del Brasile. » Gerim, Ornithol. ilal., pl. 202 , fig. 1, P- 59.

d. Avis Vi7‘(jiniana phccnicea^ de atototl dicta. Seba, Thésaurus^ t. I, p. 5 P • ^

* Certhia guUuralis (Linn.). — Cinnyris gutturalis ( Cuv.).

» Certhia purpurea (Gmel.). - « C’est une espèce incertaine, comme la plupart de .

« qui ne sont connues que par les figures de Seba. (Desmarets. 1

si^nifÎG oisGQU 3(ju8ti(ju65 CGpGntlont 1 oisGoii dont nous nous occupons ici n’GstriGn moins qu’un oiseau aquatique; Seba assure aussi, je ne sais sur quels mémoires, qu’il chante agréablement; sa taille est un peu au-dessus de celle du bec-figue.

Longueur totale, quatre pouces et demi ; bec, un pouce et plus ; tarse, six lignes et demie; doigt du milieu, cinq lignes et demie, un peu plus long que le doigt postérieur ; queue, quatorze lignes ; dépasse les ailes de sept lignes.

LES GUIT-GUITS D’AMÉRIQUE.''

Guit-guit est un nom américain qui a été donné à un ou deux oiseaux de cette tribu, composée des grimpereaux du nouveau continent, et que j’ai cru devoir appliquer comme nom générique à la tribu entière de ces mêmes oiseaux. J ai indiqué ci-dessus, à l’article des grimpereaux, quelques-unes des différences qui se trouvent entre ces guit-guits et les colibris ; on peut y ajouter encore qu ils n ont ni le vol des colibris, ni l’babitudede sucer les fleurs; mais, malgré ces différences, qui sont assez nombreuses et assez constantes, les creoles de Cayenne confondent ces deux dénominations et étendent assez généralement le nom de colibris aux guit-guits ; c’est à quoi il faut prendre garde en lisant les relations de la plupart de nos voyageurs.

On m’assure que les guit-guits de Cayenne ne grimpent point sur les arbres, qu ils vivent en troupes, et avec les oiseaux de leur tribu et avec d’autres oiseaux, tels que petits tangaras, sittelles, picuculles, etc., et qu’ils ne se nourrissent pas seulement d’insectes, mais de fruits et même de bourgeons.

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