‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 3)Chapitre 129 sur 495 · LE HUPPE-COL · texte numérisé non relu

LE HUPPE-COL

CINQUIÈME ESPÈCE

Ce nom désigne un caraclère fort singulier et qui suffit pour faire distinguer l’oiseau de tous les autres : non-seulement sa tête est ornée d’une huppe rousse assez longue, mais de chaque côté du cou, au-dessous des oreilles, partent sept ou huit plumes inégales; les deux plus longues, ayant six à sept lignes, sont de couleur rousse et étroites dans leur longueur, mais le bout un peu élargi est marqué d’un point vert ; l’oiseau les relève en les dirigeant en arrière; dans 1 état de repos, elles sont couchées sur le cou, ainsi que sa belle huppe; tout cela se redresse quand il vole, et alors l’oiseau paraît tout rond. Il a la gorge et le devant du cou d’un riche vert doré (en tenant l’œil beaucoup plus bas que l’objet, ces plumes si brillantes paiaissent brunes); la tête et tout le dessus du corps est vert avec des rellets éclatants d’or et de bronze, jusqu’à une bande blanche qui traverse le croupion; de là jusqu’au bout de la queue règne un or luisant sur un fond brun aux barbes extérieures des pennes, et roux aux intérieures; le dessous du corps est vert doré brun, le bas-ventre blanc. La grosseur du huppecol ne surpasse pas celle de l’améthyste ; sa femelle lui ressemble, si ce n’est qu’elle n’a point de huppe ni d’oreilles, qu’elle a la bande du croupion roussâtre, ainsi que la gorge; le reste du dessous du corps roux, nuancé de verdâtre; son dos et le dessus de sa tête sont, comme dans le mâle, d’un vert a reflets d’or et de bronze.

LE RUBIS-TOPAZE

SIXIEME ESPÈCE

De tous les oiseaux de ce genre, celui-ci est le plus beau, dit Marcgrave, et le plus élégant ; il a les couleurs et jette le feu des deux pierres pré-

a. Voyez les planches enluminées, n® 6-iO, fig. 3.

b. Voyez les planches enluminées, n® 227, flg. 2, sous la dénomination d’oiseau-mouche à gorge dorée du Brésil.

c. Guamumbi, octava species. Marcgrave, Hist. nat. Bras., p. 97. — WUlughby, Ornithol., J;. ~ Jonston, .-Iw., p. 135. — Guainmnbi major. Ray, Synops., p. 83, n® 8. — Avis

coubn omnium minima, Americana, thamnantias dicta. Seha, vol. I, p. ei. — Mellisiiga ; ^ taumantias Americana , omnium minima, Klein , Av., p. 105 , n° 2. ( Klein l’appelle minima sûr a dénomination de Seha , en remarquant lui-mème qu’il est représenté assez grand dans

Tiochilus ornatus (Gmel. ). — Genre Colibris, sous-genre Oiseaux-Mouches proprement «^'/s(Cuv.). O f

hochilus mosquilus (Gmel.l. — Genre et sous-genre id.

LE RUBIS-TOPAZE

cieuses dont nous lui donnons les noms; il a le dessus de la tête et du cou aussi éclatant qu’un rubis; la gorge et tout le devant du cou, jusque sur la poitrine, vus de face, brillent comme une topaze aurore du Brésil; ces mêmes parties vues un peu en dessous paraissent un or mat, et vues de, plus bas encore se changent en vert sombre; le haut du dos et le ventre sont d’un brun noir velouté; l’aile est d’un brun violet, le bas- ventre blanc/ les couvertures inférieures de la queue et ses pennes sont d’un beau roux doré et teint de pourpre; elle est bordée de brun au bout; le croupion est d’un brun relevé de vert doré; l’aile pliée ne dépasse pas la queue, dont les pennes sont égales. Marcgrave remarque qu’elle est large et que l’oiseau l’étale avec grâce en volant; il est assez grand dans son genre. Sa longueur totale est de trois pouces quatre à six lignes , son bec est long de sept à huit; Marcgrave dit d’un demi-pouce. Cette belle espèce paraît nombreuse, et elle est devenue commune dans les cabinets des naturalistes. Seba témoigne avoir reçu de Curaçao plusieurs de ces oiseaux. On peut leur remarquer un caractère que portent plus ou moins tous les oiseaux-mouches et colibris, c’est d’avoir le bec bien garni de plumes à sa base, et quelquefois jusqu’au quart ou au tiers de sa longueur.

La femelle n’a qu’un trait d’or ou de topaze sur la gorge et le devant du cou ; le reste du dessous de son corps est gris blanc.

Nous croyons que l’oiseau-mouche représenté n° 640, fig. 1 de nos planches enluminées C est d’une espèce très-voisine, ou peut-être de la même espèce que celui-ci; car il n’en diffère que par la huppe, qui n’est pas fort relevée. Du reste, les ressemblances sont frappantes, et de la comparaison que nous avons faite des deux individus, d’après lesquels ont été gravées ces ligures, il résulte que ce dernier, un peu plus petit dans ses dimensions, est moins foncé dans ses couleurs, dont les teintes et la distribution sont essentiellement les mêmes; ainsi, l’un pourrait être le jeune et l’autre l’adulte, ou bien c’est une variété produite par le climat. Comme l’un est de Cayenne et l’autre du Brésil, cette différence peut se trouver dans l’espèce de l’une à l’autre région. L’oiseau-mouche à huppe de rubis [ruby crested humming bird), donné planche 344, page 280 de la troisième partie des Glanures d’Edwards, se rapporte parfaitement à notre figure enluminée, n“ 640, fig. 1 . Et c’est encore la tête de cet oiseau-mouche, que M. Frisch a donnée, tab. 24 , et sur laquelle M. Brisson fait sa seconde espèce, en prenant pour sa femelle l’autre figure donnée au même endroit de Frisch, et qui représente un petit oiseau-mouche vert doré; mais la femelle de l’oiseau-mouche

cet auteur.) — « Mellisuga fusca, cura aliquâ supernè viridi-aurei misturâ, vertice et celle « superiore splendidè purpureis; gutture, colle iufeiiore et pectore topazinis; rectricilius rufo « purpurascentibus, apice nigro violaceis , » Mellisuga Brasiliensis gutlure topazino. Brisson, Ornithol , t. III, p. C99.

i. « Cet oiseau est le trochilus elatus de Gmelin. » (Desmarets. )

LE RUBIS-TOPAZE

à gorge topaze, dont le corps est brun, n’a certainement pas le corps vei't aucune femelle en ce genre, comme dans tous les oiseaux , n’ayant jamais les couleurs plus éclatantes que le mâle. Ainsi, nous rapporterons beaucoup P us vraisemblablement à notre orvert ce second oiseau-mouche au corps tout vert, donné par M. Frisch.

SEPTIÈME ESPÈCE

Cet oiseau est celui que Dutertre et Feuillée ont pris pour un colibrimais c’est un oiseau-mouche, et même l’un des plus petits, car il n’est guère plus gros que le rubis. Sa huppe est comme une émeraude du plus grand brillant : c est ce qui le distingue. Le reste de son plumage est assez obscurle dos a des reflets verts et or sur un fond brun ; l’aile est brune, la queue noirâtre et luisante comme l’acier polij tout le devant du corps est d’un biun velouté, mêlé d’un peu de vert doré vers la poitrine et les épaules;

1 aile pliée ne dépasse pas la queue. Nous remarquerons que dans la figuré enluminée la teinte verte du dos est trop forte et trop claire, et la huppe un peu exagérée et portée trop en arrière. Dans cette espèce, lédessus du bec est couvert de petites plumes vertes et brillantes presque jusqu’à la moitié de sa longueur. Edwards a dessiné son nid. Labat remarque que le mâle seul porte la huppe et que les femelles n’en ont pas.

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