LE KAKATOES A HUPPE JAUNE
d’un jaune citron : elle est composée de longues plumes molles et effilées que l’oiseau relève et jette en avant ; le bec et les pieds sont noirs. C’est un kakatoès de cette espèce, et vraisemblablement le premier qui ait été vu en Italie, que décrit Aldrovande; il admire l’élégance et la beauté de cet oiseau, qui d’ailleurs est aussi intelligent, aussi doux et aussi docile que celui de la première espèce.
Nous avons vu nous-même ce beau kakatoès vivant : la manière dont il témoigne sa joie est de secouer vivement la tête plusieurs fois de haut en bas, faisant un peu craquer son bec et relevant sa belle huppe; il rend caresse pour caresse ; il touche le visage de sa langue et semble vous lécher; il donne des baisers doux et savourés; mais une sensation particulière est celle qu’il paraît éprouver lorsque l’on met la main à plat dessous son corps et que de 1 autre main on le touche sur le dos, ou que simplement on approche la bouche pour le baiser; alors il s’appuie fortement sur la main qui le soutient, il bat des ailes, et le bec à demi ouvert, il souffle en haletant et semble jouir de la plus grande volupté; on lui fait répéter ce petit manège autant que l’on veut. Un autre de ses plaisirs est de se faire gratter; il montre sa tête avec la patte, il soulève l’aile pour qu’on la lui frotte; il aiguise souvent son bec en rongeant et cassant le bois. Il ne peut supporter d’être en cage; mais il n’use de sa liberté que pour se mettre à portée de son maître qu’il ne perd pas de vue ; il vient lorsqu’on l’appelle et s’en va lorsqu’on le lui commande; il témoigne alors la peine que cet ordre lui fait en se retournant souvent, et regardant si on ne lui fait pas signe de revenir. Il est de la plus grande propreté; tous ses mouvements sont pleins de grcàce, de délicatesse et de mignardise. Il mange des fruits, des légumes, toutes les graines farineuses, de la pâtisserie, des œufs, du lait et de tout ce qui est doux sans être trop sucré. Du reste, ce kakatoès avait le plumage d un plus beau blanc que celui de notre planche enluminée