LA GRANDE PERRUCHE A COLLIER D’UN ROUGE VIF
l’élégance qu’il a coutume d’affecter'*, et dit que son plumage est d’un vert naïf et brillant : le seul trait qui tranche, dit Pline, dans le vert de ce plumage est un demi-collier d’un rouge vif appliqué sur le haut du cou*"- Aldrovande, qui a recueilli tous les traits de ces descriptions, ne nous permet pas de douter que ce perroquet à collier et à longue queue des anciens ne soit notre grande perruche à collier rouge : pour le prouver, il suffit de deux traits de la description d Aldrovande; le premier est la largeur du collier, qui, dit-il, est dans son milieu A^répaisseur du petit doigt ; l’autre est la tache rouge qui marque le haut de l’aile Or, de toutes les perruches qui pourraient ressembler à ce perroquet des anciens, celle-ci seule porte ces deux caractères; les autres n ont point de rouge à l’épaule, et leur collier n est qu un cordon sans largeur. Au reste, cette perruche rassemble tous les traits de beauté des oiseaux de son genre : plumage d’un vert clair et gai sur la tête, plus foncé sur les ailes et le dos; demi-ccllier couleur de rose, qui, entourant le derrière du cou, se rejoint sur les côtés à la bande noire qui enveloppe la gorge; bec d’un rouge vermeil, et tache pourprée au sommet de l’aile ; ajoutez une belle queue, plus longue que le corps, mêlée de vert et de bleu d’aigue-marine en dessus, et doublée de jaune tendre, vous aurez toute la figure, simple à la fois et parée, de cette grande et belle perruche qui a été le premier perroquet connu des anciens. Elle se trouve non-seulement dans les terres du continent de l’Asie méridionale, mais aussi dans les îles voisines et à Ceylan ; car il paraît que c’est de cette dernière île que les navigateurs de l’armée d’Alexandre la rapportèrent en Grèce, où l’on ne connaissait encore aucune espèce de perroquets