LA PERRUCHE A COLLIER COULEUR DE ROSE
sieurs parties de l’Afrique; on en voit arriver au Caire en grand nombre par les caravanes d’Éthiopie. Les vaisseaux qui partent du Sénégal ou de Guinée, où cette perruche se trouve aussi communément, en portent quantité avec les nègres dans nos îles de l’Amérique : on ne rencontre point de ces perruches dans tout le continent du Nouveau-Monde, on ne les voit que dans les habitations de Saint-Domingue, de la Martinique, de la Guadeloupe, etc. , où les vaisseaux d’Afrique abordent continuellement, tandis qu’à Cayenne, où il ne vient que très-rarement des vaisseaux négriers, l’on ne connaît pas ces perruches “. Tous ces faits, qui nous sont assurés par un excellent observateur, prouvent que cette perruche n’est pas du nouveau continent , comme le dit M. Brisson.
Mais ce qu’il y a de plus singulier, c’est qu’en même temps que cet auteur place celte perruche en Amérique, il la donne pour le perroquet des anciens, le psittacus torquatus macroiirus antiquonm d’Aldrovande ; comme si les anciens. Grecs et Romains, étaient allés chercher leur perroquet au Nouveau-Monde ; de plus, il y a erreur de fait : cette perruche à collier n’est point le perroquet des anciens décrit par Aldrovande; ce perroquet doit se rapporter à notre grande perruche à collier, première espèce à queue longue et également étagée, comme nous l’avons prouvé dans l’article où il en est question.
La perruche à collier que nous décrivons ici a quatorze pouces de long, mais de cette longueur la queue et ses deux longs brins font près des deux tiers : ces brins sont d’un bleu d’aigue-marine; tout le reste du plumage est d’un vert clair et doux, un peu plus vif sur les pennes de l’aile, et mêlé de jaune sur celles de la queue; un petit collier rose ceint le derrière du cou et se rejoint au noir de la gorge; une teinte bleuâtre est jetée sur les plumes de la nuque, qui se rabattent sur le collier; le bec est rouge brun K
a- La grande ressemblance entre la perruclie n» 550 des planches enluminées , qui est le scincialo, et celle-ci, nous eût porté à lui appliquer les mêmes raisons et à regarder ces deux espèces comme très-voisines ou peut-être la même; mais l’autorité d’un naturaliste tel que Marcgrave ne nous permet pas de croire qn’il ait donné comme naturelle au Brésil une espèce qui n’y aurait été qu’apportée , et nous force à regarder, malgré leurs rapports , le scincialo comme différent de la perruche à collier couleur de rose, et ces espèces comme séparées.
b. M. Brisson fait une seconde espèce de perruche à collier des Indes ( tome IV, page 326 ), apparemment parce qu’il s’est trompé sur le pays de la première et sur une simple figure d’AlMn, dont on peut croire que les inexactitudes font toutes les difi'érences : nous n’hésiteron.'i pas de raxjporter cette espèce à la précédente.
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