LE CRIK A TÈTE VIOLETTE
SEPTIÈME ESPÈCE
C’est le P. Dutertre qui, le premier, a indiqué et décrit ce perroquet qui se trouve à la Guadeloupe : « Il est si beau , dit-il, et si singulier dans les <( couleurs de ses plumes, qu’il mérite d etre choisi entre tous les autres « pour le décrire. 11 est presque gros comme une poule ; il a le bec et les
a. Lesser green parrot. Psittacus viridis minor occidentalis . Edwards, Hist. of Birds , p, 104. — « Psittacus bracliyurus viridis, fronte remigumque macula cocciueà, yertice remigi- « busqué primoribus cæruleis... » Psittacus autumnalis. Linnæus , Syst. nat., édit. X, p. 102,
(( Psittacus major brevicaudus, viridis, supernè saturatiùs, interné dilutiùs ; syncipite cücci-
« neo ; vertice cæruleo ; genis aurantiis ; marginibus alarum luteis ; remigibus intermediis « exteriùs prima medietate rubris; rectricibus supernè obscurè viridibus, interné viridi-flavi- « cantibus... » Psittacus Americanus. Brisson , Ornithol. , t. IV, p. 293.
h. Br asilian green parrot. Psittacus viridis BrasUiensis. Edrvards, Hist. of Birds, p. 161. — « Psittacus brachyurus viridis, tacie rubrà temporibiis cæruleis, » Psittacus Bi asiliensis.^ Linnæus, Syst. nat., édit. X ,p. 102. — « Psittacus major brevicaudus, virais, interné ad « luteum vergens , supernè pennis obscurè purpureo marginatis , capite anteriùs rubro; vertice « viridi-flavicante ; genis cæruleis ; rectricibus lateralibus interiùs rubris, apice luteis, extimâ « exteriùs cæruleà, binis utrimque proximis exteriùs rubris... » Psittacus BrasUiensis fronte rubrû. Brisson, Ornithol., t. IV, p. 254.
c. Perroquet de la Guadeloupe. Dutertre, Hist. des Antilles, t. II , p. 250. Perroquet de la Guadeloupe. Labat, Nouveau voyage aux îles de l’Amérique, t. II , p. 214. — « Psittacus « major brevicaudus, supernè viridis, interné cinereo-cærulescens ; capite et collo cærulescen- « tibus ; viridi et nigro variegatis ; rectricibus viridibus... » Psittacus Aquarum-Lupiarum insulœ. Brisson, Ornithol, t. IV, p. 302.
1 . « Cet oiseau e.st le type de l’espèce du psittacus autonmalis de Gmelin. » ( Desmarets. )
* Psittacus uioIacÊus (Linn.)
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« yeux bordes d incarnat; toutes les plumes de la tête, du cou et du ventre « sont de couleur violette, un peu mêlée de vert et de noir, et changeantes « comme la gorge d’un pigeon; tout le dessus du dos est d’un vert fort « brun ; les grandes pennes des ailes sont noires, toutes les autres sont « jaunes, vertes et rouges, et il a sur les couvertures des ailes deux taches «en forme de roses des mêmes couleurs; quand il hérisse les plumes de « son cou il s’en fait une belle fraise autour de la tête, dans laquelle il « semble se mirer comme le paon fait dans sa queue; il a la voix forte, «parle très -distinctement, et apprend promptement, pourvu qu’on le « prenne jeune. »
Nous n’avons pas vu ce perroquet, et il ne se trouve pas à Cayenne ; il faut même qu’il soit bien rare à la Guadeloupe aujourd’hui, car aucun des habitants de cette île ne nous en a donne connaissance; mais cela n’est pas extraordinaire, car depuis que les îles sont fort habitées le nombre des perroquets y est fort diminué; et le P. Dutertre remarque en particu ier de celui-ci que les colons français lui faisaient une terrible guerre dans la saison où les goyaves, les cachimans, etc., lui donnent une graisse exîraordinaire et succulente. Il dit aussi qu’il est d’un naturel très-doux et facile à priver : « Nous en avions deux, ajoute-t-il, qui firent leur nid à cent pas de « notre case, dans un grand arbre; le mâle et la femelle couvaient alter- « nativement et venaient l’un après l’autre chercher à manger à la case, où « ils amenèrent leurs petits dès qu’ils furent en état de sortir du nid «. » Nous devons observer que comme les criks sont les perroquets les plus communs, et en même temps ceux qui parlent le mieux, les sauvages se sont amusés à les nourrir et à faire des expériences pour varier leur plumage,^ ils^ se servent pour cette opération du sang d’une petite grenouille dont 1 espèce est bien différente de celle de nos grenouilles d’Europe; elle est de moitié plus petite et d’un beau bleu d’azur, avec des bandes longitudinales de couleur d’or : c’est la plus jolie grenouille' du monde; elle'se tient rarement dans les marécages, mais toujours dans les forêts éloignées des habitations. Les sauvages commencent par prendre un jeune crik au nid et lui arrachent quelques-unes des plumes scapulaires et quelques autres idumes du dos; ensuite ils frottent du sang de cette grenouille le perroquet à demi plumé ; les plumes qui renaissent après cette opération, au lieu de vertes qu elles étaient, deviennent d’un beau jaune ou d’un très-beau rouge : cest ce qu’on appelle en France perroquets tajnrés. C’est un usage ancien chez les sauvages, car Marcgrave en parle; ceux de la Guiane comme ceux
a. Hist. générale des Antilles, t. II, p. 251,
1- Ou , plus exactement, rainette ; la rainette à tapirer [rana tinctoria Linn.)... « dont le ! perroquets aux endroits où on leur a arraché quelques
« revenir, dit-on , des plumes rouges ou jaunes, et produit sur l'oiseau cette pana-
M cnure qu on appelle tapvé. » (.Cuvier. J