LE PAPEGAI MAILLÉ
SECONDE ESPÈCE
Ce perroquet d’Amérique paraît être le même que le perroquet varié de l’ancien continent, et nous présumons que quelques individus qui sont venus d’Amérique en France y avaient auparavant été transportés des grandes Indes, et que, si l’on en trouve dans l’intérieur des terres de la Guiane, c’est qu’ils s’y sont naturalisés comme les serins et quelques autres oiseaux et animaux des contrées méridionales de l’ancien continent qui ont été transportés dans le nouveau par les navigateurs; et ce qui semble prouver que cette espèce n’est point naturelle à l’Amérique, c’est qu’aucun naturaliste ni aucun des voyageurs au nouveau continent n’en ont fait mention, quoiqu’il soit connu de nos oiseleurs sous le nom Aq perroquet maillé, épithète qui indique la variété de son plumage : d’ailleurs, il a la voix différente de tous les autres perroquets de l’Amérique; son cri est aigu et perçant; tout cela semble prouver que cette espèce n’appartient point à ce continent, mais vient originairement de l’ancien.
Il a le haut de la tête et la face entourés de plumes étroites et longues, blanches et rayées de noirâtre, qu’il relève quand il est irrité, et qui lui forment alors une belle fraise comme une crinière; celles de la nuque et des côtés du cou sont d’un beau rouge brun et bordées de bleu vif; les plumes de la poitrine et de l’estomac sont nuées, mais plus faiblement, des mêmes couleurs, dans lesquelles on voit un mélange de vert; un plus beau
O. Voyez les planches enluminées, n“ 626.
Psiltacus accipitrinus etpsUtacus coronatus (Linn.). — Psittacus Clusii (Shaw. ) — V'oyez la nomenclature ** de la p. 206. — « On le trouve eu Amérique. Buffon et quelques ornitholo- « gistes pensent qu’il n’est qu'une variété du perroquet varié , espècQ d'Asie, qui aurait été H transportée et acclimatée dans les forêts de la Guiane... » {Desmarets : Dict. des sci. «ai., art. Perroquets.)
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vert soyeux et luisant couvre le dessus du corps et de la queue, excepté que quelques-unes de ses pennes latérales, de chaque côté, paraissent en dehors d’un bleu violet, et que les grandes de l’aile sont brunes, ainsi que le dessous de celles de la queue.
LE TAYOUÂ.»^
TROISIÈME ESP ÈCE.
C’est encore une espèce nouvelle dont M. Duval a envoyé deux individus pour le Cabinet. Ce perroquet est assez rare à la Guiane, cependant il approche quelquefois des habitations. Nous lui conservons le nom de tavoua, qu’il porte dans la langue Galibi, et nos oiseleurs ont aussi adopté ce nom; ils le recherchent beaucoup, parce que c’est peut-être de tous les perroquets celui qui parle le mieux, même mieux que le perroquet gris de Guinée à queue rouge , et il est singulier qu’il ne soit connu que depuis si peu de temps; mais cette bonne qualité, ou plutôt ce talent, est accompagne d un défaut bien essentiel : ce tavoua est traître et méchant au point de mordre cruellement lorsqu’il fait semblant de caresser ; il a même l’air de méditer ses méchancetés; sa physionomie, quoique vive, est équivoque : du reste, c’est un très-bel oiseau, plus agile et plus ingambe qu’aucun autre perroquet.
Il a le dos et le croupion d’un très-beau rouge; il porte aussi du rouge au front, et le dessus de la tête est d’un bleu clair; le reste du dessus du corps est d’un beau vert plein, et le dessous d’un vert plus clair; les pennes des ailes sont d’un beau noir avec des reflets d’un bleu foncé, en sorte qu’à de certains aspects elles paraissent en entier d’un très-beau bleu foncé; les couvertures des ailes sont variées de bleu foncé et de vert.
Nous avons remarqué que MM. Brisson et Browne ont confondu ce papegai-tavoua avec le crik, cinquième espèce.