‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 3)Chapitre 305 sur 495 · XXII. — LE coucou INDICATEUR · texte numérisé non relu

XXII. — LE coucou INDICATEUR

C’est dans l’intérieur de l’Afrique, à quelque distance du cap de Bonne- Espérance, que se trouve cet oiseau , connu par son singulier instinct d indiquer les nids des abeilles sauvages. Le matin et le soir sont les deux temps de la journée où il fait entendre son cri , chirs, durs ^ qui est fort aigu, et

a. Voyez les plauches enluminées, n» 295, où cet oiseau est représenté, fig. 2, sous le nom

■ ‘^'fc^TcTcuI^s ÎæîuÏuT^^ viridi et Yiolaceo rectricilms

« tibus... » Coucou bleu de Madagascar. Brisson, t. IV, p. 156. - « Cauda rotmida a, pom cæruleo... » Linnæus, Syst. nat., édit. Xlll, P- 171, sp..l5. - Ormthol. üal, t. I,

^ c. Cuculus indicator. M. le docteur Sparman , histoire de ce^ coucou, envoyée à M. le doc teur Forster pour être insérée dans les Transactions philosophiques.

selon dies voyageurs, le cri de cet oiseau est mie/a, et - mot m..* sigmfi^^

miel dans la langue liottentote. Quelquefois il est arrive que le cha.sseui, f ^ “

coucou , a été dévoré par les bêtes féroces , et on n a pas manque de dire que 1 oiseau dait avec elles pour leur livrer leur proie.

Cuculus cœruleus (Lath.). — Genre Coucous, sous-genre Couas (Guy.). ^

- Cuculus indicator (Lath., Gmel.). - Genre Coucous, sous-genre Ind,cateurs (Cm. ,

semble appeler les chasseurs et autres personnes qui cherchent le miel dans le desert ; ceux-ci lui repondent d’un ton plus grave, en s’approchant toujours : dès qu’il les aperçoit, il va planer sur l’arbre creux où il connaît une ruche, et si les chasseurs tardent de s’y rendre, il redouble ses cris, vient au-devant d’eux, retourne à son arbre, sur lequel il s’arrête et voltige, et qu’il leur indique d’une manière très-marquée; il n’oublie rien pour les exciter à profiter du petit trésor qu’il a découvert, et dont il ne peut apparemment jouir qu’avec l’aide de l’homme, soit parce que l’entrée de la ruche est trop étroite, soit par d’autres circonstances que le relateur ne nous apprend pas. Tandis qu’on travaille à se saisir du miel, il se tient dans quelque buisson peu éloigné, observant avec intérêt ce qui se passe, et attendant sa part du butin qu’on ne manque jamais de lui laisser, mais point assez considérable, comme on pense bien, pour le rassasier, et par conséquent risquer d’éteindre ou d’affaiblir son ardeur pour cette espèce de chasse.

Ce n’est point ici un conte de voyageur, c’est l’observation d’un homme éclairé qui a assisté à la destruction de plusieurs républiques d’abeilles, trahies par ce petit espion, et qui rend compte de ce qu’il a vu à la Société royale de Londres : voici la description qu’il a faite de la femelle, sur les deux seuls individus qu’il ait pu se procurer, et qu’il avait tués au grand scandale des Hottentots; cardans tout pays l’existence d’un être utile est une existence précieuse.

Il a le dessus de la tête gris; la gorge, le devant du cou et la poitrine blanchâtres avec une teinte de vert qui va s’affaiblissant et n’est presque plus sensible sur la poitrine; le ventre blanc; les cuisses de même, marquées d’une tache noire oblongue; le dos et le croupion d’un gris roussâtre ; les couvertures supérieures des ailes gris brun , les plus voisines du corps marquées d’une tache jaune, qui, à cause de sa situation, se trouve souvent cachée sous les plumes scapulaires; les pennes des ailes brunes; les deux pennes intermédiaires de la queue plus longues, plus étroites que les autres, d’un brun tirant à la couleur de rouille; les deux paires suivantes noirâtres, ayant le côté intérieur blanc sale ; les suivantes blanches, terminées de brun , marquées d’une tache noire près de leur base, excepté la dernière paire où cette tache se réduit presque à rien; l’iris gris roussâtre; les paupières noires; le bec bruft à sa base, jaune au bout; et les pieds noirs.

Longueur totale, six pouces et demi; bec environ six lignes, quelques barbes autour de la base du bec inférieur; narines oblongues, ayant un rebord saillant , situées près de la base du bec supérieur, et séparées seulement par son arête; tarses courts; ongles faibles; queue étagée, composée de douze pennes : dépasse les ailes des trois quarts de sa longueur.

OISEAUX DU VIEUX CONTINENT

Page 1