II. LE WHIP-POUR-WILL
Je conserve le nom que les Yirginiens ont donné à cette espèce, parce qu’ils le lui ont donné d’après son cri et que par cela seul il doit être adopté dans toutes les langues.
Ces oiseaux arrivent en Virginie vers le milieu d’avril, surtout dans la partie occidentale et dans les endroits montagneux; c’est là qu’on les entend chanter ou plutôt crier pendant la nuit d’une voix si aiguë et si perçante, tellement répétée et multipliée par les échos des montagnes, qu’il est difficile de dormir dans les environs. Ils commencent peu de minutes après le coucher du soleil et continuent jusqu’au point du jour; ils descendent rarement sur les côtes, plus rarement encore ils paraissent pendant le jour ; leur ponte est de deux œufs d’un vert obscur, varié de petites taches et de petits traits noirâtres; la femelle les dépose négligemment au milieu d’un sentier battu, sans construire aucun nid, sans mettre ensemble deux brins de mousse ou de paille, et même sans gratter la terre; lorsque ces oiseaux couvent, on peut les approcher d’assez près avant qu’ils s’envolent.
Plusieurs les regardent comme des oiseaux de mauvais augure. Les sauvages de la Virginie sont persuadés que les âmes de leurs ancêtres, massacrés autrefois par les Anglais, ont passé dans le corps de ces oiseaux, et pour
a. Caprimulgus minor Americanus ; en anglais, whip-poor-will. CatesLy , Caroline, Append., pl. xvi. — Edwards, pl. lxiii; en anglais, lesser goat-sucker. — Succhia-capre o noHolla di Virginia. Ornithol. ital., t. I , p. 92 , sp. 2. — « Caprimulgus supernè obscure « fuscus, fusco-rufescente transversim et sparsim varius, cinereo admixto, infernè albo- « aurantius, nigricante transversim striatus; remigibus quinque primoribus tænià transversà « albà; rectricibus duabus utrimque extimis macula albà notatis... » Tette-chèvre de Virginie. Brisson , t. II , p. 477. — M. Linnæus en fait une variété dans l’espèce européenne. Syst. nat., édit. XIII , p. 346 , gen. 118 ; mais il en diffère par la longueur de ses ailes.
* Caprimulgus virginianus (Lath., Gmel.). — u Le caprimulgus virginianus me paraît au « moins très-voisin du guyanensis, s’ü n’appartient pas à la même espèce : il a été confondu. « avec le vociferus. » (Cuvier.)
OISEAUX ÉTRANGERS
preuve ils ajoutent qu’avant cette époque on ne les avait jamais vus dans le pavs- mais cela prouve seulement que de nouveaux habitants apportent de nouvelles cultures et que de nouvelles cultures attirent des especes nouvelles
Ces’oiseaux ont le dessus de la tête et de tout le corps, jusques et compris les couvertures supérieures et les pennes de la queue, et meme les pennes moyennes des ailes d’un brun foncé, rayé transversalement de brun plus clair et parsemé de petites taches de cette même couleur, avec un mélangé de cendré fort irrégulier ; les couvertures supérieures des ailes de meme, semées de quelques taches d’un brun clair; les grandes pennes des ailes noires, les cinq premières marquées d’une tache blanche vers le milieu de leur longueur, et les deux paires extérieures de la queue marquées de même vers le bout ; le tour des yeux d’un brun clair tirant au cendre ; une suite de taches orangées qui prend à la base du bec, passe au-dessus des yeux et descend sur les côtés du cou ; la gorge couverte d’un large croissant renversé, blanc dans le haut, teint d’orangé dans le bas, et dont les cornes se dirigent de chaque côté vers les oreilles; tout le reste de la partie inferieure blanc, teinté d’orangé, rayé transversalement de noirâtre ; le bec noir et les pieds couleur de chair. Cet engoulevent est d’un tiers plus petit que le nôtre et a les ailes plus longues à proportion.
Longueur totale, huit pouces; bec, neui lignes et demie, sa base entouree de moustaches noires ; tarse, cinq lignes ; l’ongle du doigt du milieu dentele sur son bord intérieur; queue, trois pouces un quart : ne dépasse point les
ailes.