‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 3)Chapitre 369 sur 495 · IV. LE MARTINET A COLLIER BLANC · texte numérisé non relu

IV. LE MARTINET A COLLIER BLANC

Cette espece est nouvelle et nous a été envoyée de Pile de Cayenne- nous i avons rangée avec les martinets, parce qu’elle parait avoir, comme notre martinet, les quatre doigts tournés en avant.

Le collier qui la caractérise est d’un blanc pur et tranche vivement sur le noir bleuâtre, qui est la couleur dominante du plumage. La partie de ce collier qui passe sur le cou forme une bande étroite et tient de chaque côté a une grande plaque blanche qui occupe la gorge et tout le dessous du cou • des coins du bec partent deux petites bandes blanches divergentes, dont 1 une s étend au-dessus de l’œil comme une espèce de sourcil, l’autre passe sous 1 œil à quelque distance ; enfin il y a encore sur chaque côté du basventre une tache blanche placée de manière qu’elle paraît par dessus et par dessous ; le reste de la partie supérieure et inférieure, compris les petites et moyennes couvertures des ailes, est d’un noir velouté avec des reflets violets; ce qui paraît des grandes couvertures des- ailes, les plus proches du corps, brun bordé de blanc ; les grandes pennes et celles de la queue noires; les premières bordées intérieurement de brun roussâtre; le bec et les pieds noirs, ceux-ci couverts de plumes jusqu’aux ongles. M. Bajon dit que ce martinet fait son nid dans les maisons. J’ai vu ce nid chez

a. « Hiruûdo maxima Peruviana, prædatoris calcaribus instructa. » P. Feuillée, Journal des

observations t. III, p. 33, édit. 1725. - a Hirando supernè nigra, infernè nivea; capite et « collo dilute griseis; tænia transversà in medio ventre dilutè cinereâ ; rectricibus dilntè cine- « reis, marginibns griseo-flavicantibus... » La grande hirondelle du Pérou. Brisson t. Il Pâg6 498. ^ ^

b. Voyez les planches enluminées, n» 725, flg. 2, où cet oiseau est représenté sous le nom de Martin a collier de Cayenne.

* mrundo peruviana (La.th., Gmel. ). — Sous-genre Hirondelles proprement dites (Cuv, 1.

Hirundo cayennensis ( Lath., Gmel.). — Sous-genre Hirondelles proprement dites (Cuv.}.

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M. Mauduit : il était très-grand, très-étoffé et construit avec l’ouate de l’apocyn; il avait la forme d’un cône tronqué, dont l’une des bases avait cinq pouces de diamètre, et l’autre trois pouces; sa longueur était de neuf pouces ; il paraissait avoir été adhérent par sa grande base, composée d’une espèce de carton fait de la même matière ; la cavité de ce nid était partagée obliquement, depuis environ la moitié de sa longueur, par une cloison qui s’étendait sur l’endroit du nid où étaient les œufs, c’est-à-dire assez près de la base, et l’on voyait en cet endroit un petit amas d’apocyn bien mollet qui formait une espèce de soupape et paraissait destiné à garantir les petits de l’air extérieur; tant de précautions dans un pays aussi chaud font croire que ces martinets craignent beaucoup le froid ; ils sont de la grosseur de nos hirondelles de fenêtre.

Longueur totale, prise sur plusieurs individus, cinq pouces trois à huit lignes; bec, six à sept; tarse, trois à cinq; ongle postérieur faible; queue, deux pouces à deux pouces deux lignes, fourchue de huit lignes; dépassée par les ailes de sept à douze lignes.

Y. — la petite hirondelle noire a ventre cendré.®*

Cette hirondelle du Pérou, selon le P. Fouillée, est beaucoup plus petite que nos hirondelles d’Europe; elle a la queue fourchue, le bec très-court, presque droit ; les yeux noirs, entourés d’un cercle brun ; la tête et tout le dessus du corps, compris les couvertures supérieures des ailes et de la queue, d’un noir brillant; tout le dessous du corps cendré; enfin, les pennes des ailes et de la queue d’un cendré obscur, bordées de gris jaunâtre.

YI. — l’hirondelle bleue de la LOUISIANE.*'**

Un bleu foncé règne en effet dans tout le plumage de cet oiseau; cependant ce plumage n’est pas absolument uniforme, il se varie sans cesse par des reflets qui jouent entre différentes teintes de violet; les grandes pennes des ailes ont aussi du noir, mais c’est seulement sur leur côte intérieur, et ce noir ne paraît que quand l’aile est déployée ; le bec et les pieds sont noirs, le bec un peu crochu.

a. « Hirundo minima Peruviana, caudâ bicorni. » Feuillée, Journal des observations physiques, p. 33, édit, de 1725. — « Hirundo supernè splendidè nigra, infernè cinerea ; rectricibus « obscurè cinereis, margiiiibus griseo-flavicantibus... » L’hirondelle du Pérou. Brisson. t. H, page 498.

b. Voyez les planches enluminées, n° 722, où cet oiseau est représenté sous le nom d Hirondelle de la Louisiane.

* Hirundo cærulea (Lath.). — « Cette espèce, peu connue, est rapportée par M Vieillot aux Hirondelles proprement dites. » (Desmarets.)

•* Hirundo violacea (Gmel.). - Hirundo purpurea (Lath.). - Sous-genre Hirondelles proprement dites (Guv.).

Longtieiir totale, six pouces six lignes; bec, sept lignes et demie; tarse, sept lignes ; queue très-fourchue et dépassée de cinq lignes par les ailes, qui sont fort longues.

M. Lebeau a rapporté du même pays un individu qui appartient visiblement à cette espèce, quoiqu’il soit plus grand et qu’il ait les pennes de la queue et des ailes, et les grandes couvertures de celles-ci simplement noirâtres sans aucun reflet d’acier poli.

Longueur totale, huit pouces et demi ; bec, neuf lignes, assez fort et un peu crochu; queue, trois pouces, fourchue d’un pouce, un peu dépassée par les ailes.

Variétés.

L’hirondelle bleue de la Louisiane semble être la tige principale de quaire races ou variétés, dont deux sont répandues dans le Midi, et les deux autres dans le Nord.

I. — L’hirondelle, de Cayenne ‘ de nos planches enluminées, n° 545, fig. 2 “ : c’est l’espèce la plus commune dans l’île de Cayenne, où elle reste toute l’année. On dit qu’elle se pose communémjent dans les abatis, sur les troncs à demi brûlés qui n’ont plus de feuilles : elle ne construit point de nid, mais elle fait sa ponte dans des trous d’arbres. Elle a le dessus de la tête et du corps d’un noirâtre lustré de violet ; les ailes et la queue de même, mais bordées d’une couleur plus claire; tout le dessous du corps gris roussâtre, veiné de brun , et qui s’éclaircit sur le bas-ventre et les couvertures inférieures de la queue.

Longueur totale, six pouces ; bec, neuf lignes et demie, plus fort que celui de nos hirondelles; tarse, cinq à six lignes; doigt et ongle postérieurs les plus courts; vol, quatorze pouces; queue, deux pouces et demi, fourchue de six à sept lignes; dépassée par les ailes d’environ trois lignes.

II. — J ai vu quatre individus rapportés de l’Amérique méridionale par i\I. Commerson, lesquels étaient d’une taille moyenne entre ceux de Cayenne et ceux de la Louisiane, et qui en différaient par les couleurs du dessous du corps : trois de ces individus avaient la gorge gris brun et le dessous du corps blanc ; le quatrième, qui venait de Buenos-Ayres, avait la gorge et tout le dessous du corps blancs, semés de taches brunes plus fréquentes sur les parties antérieures, et qui devenaient plus rares sur le bas-ventre.

a. K Hirundo Americana aterrima, corpore suLrotundo. » Barrère, Ornith. , cla.s. m, gen. XVIII, sp. 5. Vulgaris. Barrère, Hist. France équinox., p. 134. — « Hirundo supernèex « nigro ad chalyMs politi colorem vergens; infernè griseo-fusca, rectricibus nigiis... » L’Hirondelle de Cayenne. Brisson, t. II, p. 495.

1. Hirundo chalybwa (Latli., Gmel.). — Espèce distincte. — Sous-genre Hirondelles proprement dites (Cuv.).

OISEAUX ÉTRANGERS

L’oiseau delà Caroline % que Catesbya \\oxavc\Q maftinet couleur de

pourpre'^ : il appartient au même climat; sa taille est celle de 1 oiseau de Buenos-Ayres dont je viens de parler : un beau violet foncé règne sur tout son plumage, et les pennes de la queue et des ailes sont encore plus foncées que le reste ; il a le bec et les pieds un peu plus longs que les précédents, et sa queue, quoique plus courte, dépasse un peu les ailes; il mcbe dans des trous qu’on laisse ou qu’on fait exprès pour lui autour des maisons, et dans des calebasses qu’on suspend à des perches pour l’attirer. On le regarde comme un animal utile, parce qu’il éloigne par ses cris les oiseaux de proie et autres bêtes voraces, ou plutôt parce qu’il avertit de leur apparition. II se retire de la Virginie et de la Caroline aux approches de l’Inver, et y revient au printemps.

Longueur totale, sept pouces huit lignes; bec, dix lignes; tarse, huit lignes; queue, deux pouces huit lignes, fourchue de quatorze : dépasse peu los cilles

]Y, L’hirondelle de la baie d’Hudson de M. Edwards, planche 120 ^ :

elle a, comme les précédentes, le bec plus fort que ne l’ont ordinairement les oiseaux de cette famille ; son plumage ressemble à celui de l’hirondelle de Cayenne, mais elle la surpasse beaucoup en grosseur; elle a le dessus de la tête et du corps d’un noir brillant et pourpré, un peu de blanc à la base du bec ; les grandes pennes des ailes, et toutes celles de la queue noires, sans reflets, bordées d’une couleur plus claire; le bord supérieur de l’aile blanchâtre ; la gorge et la poitrine gris foncé ; les flancs bruns ; le dessous du corps blanc, ombré d’une teinte brune; le bec et les pieds noirâtres.

Longueur totale, près de huit pouces; bec, huit lignes, les bords de la pièce supérieure échancrés près de la pointe; tarse, sept lignes; queue, près de trois pouces, fourchue de sept à huit lignes : dépasse les ailes de

trois lignes.

a, Ilirundo purpurea. Catesby, 1. 1, p. et pl. 51. - « Hirundoin toto

« saturatè violacea ; remigibus rectricibusque saturatiùs Yiolaceis. » Le Martinet de la Carol . Brisson, t. II, p. S15. — Hirundo violacea tota, caudâ forficatâ... Purpurea. Linnæus, y

III, pl. 120. - Hirundo nigro-cœrulescens , ore

suhtusque cinereo-exalbida. Linnæus, Syst. nat., gen. 117, sp. 7. « ^ ° Vc .

« piu'purascens, infernè alba fusco adumbrata; plumulis basim rostri ambientibus, albidis « collo inferiore et pectore saturatè griseis; rectricibus superne nigricantibus , fuscesce te « marginatis, infernè obscurè cinereis... » L’Hirondelle de la baie d Hudson. Brisson, t VI supplément, p. 56. — Les habitants de la baie d’Hudson l’appellent dans leur langue sashaunpasliu.

i. « Cet oiseau est considéré par M. Vieillot comme le mâle de Vhirondelle bleue de la Loui- « siawe. » ( Desmarets. )

e. Hirundo subis (Lath.). — Sous-genre Hirondelles proprement dites (Cuv.),

VIL LA TAPÈRE.

Marcgrave dil que cette hirondelle du Brésil a beaucoup de rapport avec la notre, qu elle est de la meule taille j qu elle voltige de la même manière, et que ses pieds sont aussi courts et conformés de même. Elle a le dessus de la tête et du corps, compris les ailes et la queue, gris-brun, mais les pennes des ailes et l’extrémité de la queue plus brunes que le reste; la gorge et la poitrine gris mêlé de blanc; le ventre blanc ainsi que les couvertures inférieures de la queue; le bec et les yeux noirs; les pieds bruns.

Longueur totale, cinq pouces trois quarts; bec, huit lignes ; son ouverture se prolonge au delà des yeux ; tarse, six lignes ; vol, douze pouces et demi; queue, deux pouces un quart, composée de douze pennes, fourchue de trois ou quatre lignes : est un peu dépassée par les ailes.

Cet oiseau, suivant M. Sloane, appartient à l’espèce de notre martinet : seulement il est d’un plumage moins rembruni; les savanes, les plaines, sont les lieux qu’il fréquente le plus volontiers; on ajoute que de temps en temps il se perche sur la cime des arbustes, ce que ne fait pas notre martinet ni aucune de nos hirondelles; une dilférence si marquée dans les habitudes suppose d’autres différences dans la conformation, et me ferait croire, malgré 1 autorité de M. Sloane et celle d’Oviedo que la tapère est une espèce propre à l’Amérique, ou du moins une espèce distincte et séparée de nos espèces européennes.

M. Edwards la soupçonne d’être de la même espèce que son hirondelle de la baie d’Hudson ; mais en comparant les descriptions, je les ai trouvées différentes par le plumage, la taille et les dimensions relatives.

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