‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 3)Chapitre 423 sur 495 · LES BARBUS · texte numérisé non relu

LES BARBUS

En laissant, comme nous l’avons dit, le nom de tamatia aux oiseaux barbus de l’Amérique, nous appellerons simplement barbus ceux de l’ancien continent *. Comme les uns et les autres volent très-mal, à cause de leurs ailes courtes et de leur corps épais et lourd, il n’est pas vraisemblable qu’ils aient passé d’un continent à l’autre, étant également habitants des climats les plus chauds; ainsi leurs espèces ni leur genre ne sont pas les mêmes, et c’est par cette raison que nous les avons séparés. Quoiqu’ils soient de différents continents et de climats très-éloignés, ces oiseaux se ressemblent néanmoins par beaucoup de caractères; car indépendamment de leur barbe, c’est-à-dire des longues soies effdées qui leur couvrent le bec en tout ou en partie, et de la disposition des pieds qui est la même dans les uns et les autres, indépendamment de ce qu’ils ont également le corps trapu et la tête très-grosse, ils ont encore de commun la forme particulière du bec qui est fort gros, un peu courbé en en-bas, convexe au-dessus et comprimé sur les côtés; mais ce qui distingue les barbus de l’ancien continent des tamatias de l’Amérique, c’est que ce bec est sensiblement plus court, plus épais et un peu convexe en dessous dans les barbus : ils paraissent aussi différer par' le naturel, les tamatias étant des oiseaux tranquilles et presque stupides, au lieu que les barbus “ des grandes Indes attaquent les petits oiseaux, et ont à peu près les habitudes des pies-grièches.

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