LE TOUCAN A VENTRE ROUGE
cet oiseau, dit que son bec est aussi long que le corps. Aldrovande donne à ce bec deux palmes de longueur et une de largeur, et M. Brisson estime cette mesure six pouces pour les deux palmes. Comme nous n’avons pas vu cet oiseau, nous n’en pouvons parler que d’après les indications de ces deux premiers auteurs. Nous remarquerons néanmoins qu’Aldrovande s’est trompé en lui donnant trois doigts en avant et un en arrière, quoique Thevet dise expressément qu’il a deux doigts en devant et deux en arrière, ce qui est conforme à la nature.
Il a la tête, le cou, le dos et les ailes noires avec quelques reflets blanchâtres; la poitrine d’une belle couleur d’or avec du rouge au-dessus, c’està-dire sous la gorge; il a aussi le ventre et les jambes d’un rouge très-vif, ainsi que l’extrémité de la queue qui pour le reste est noire; l’iris de l’œil est noir, il est entouré d’un cercle blanc qui l’est lui-même d’un autre cercle jaune ; la mandibule inférieure du bec est une fois moins large près de l’extrémité du bec, que ne l’est la mandibule supérieure ; elles sont toutes les deux dentelées sur leurs bords.
Thevet assure que cet oiseau se nourrissait de poivre, qu’il en avalait même en si grande quantité qu’il était obligé de le rejeter : ce fait a été copié par tous les naturalistes, cependant il n’y a point de poivre en Amérique, et l’on ne sait pas trop quelle peut être la graine dont cet auteur a voulu parler, si ce n’est le piment que quelques auteurs appellent poivre long.
LE COCHICAT.“*
QUATRIÈME ESPÈCE
C’est par contraction le nom que cet oiseau porte dans son pays natal au Mexique. Fernandez est le seul auteur qui en ait parlé comme l’ayant vu, et voici la description qu’il en donne. Il est à peu près de la grandeur des autres toucans : « il a, dit-il, le bec de sept pouces de long, dont la mandi- « bule supérieure est blanche et dentelée, et l’inférieure noire; ses yeux « sont noirs et l’iris est d’un jaune rougeâtre; il a la tête et le cou noirs jus- « qu’à une ligne transversale ronge qui l’entoure en forme de collier, après
« caudae inferioribus coccineis ; rectricibus supernè nigro-viridantibiis , subtùs nigris , apice H coccineis... » Tucana. Brisson, Ornithol, t. IV, p. 408. — Pic du Brésil. Salerne, Ornithol., pag. 109.
a. Cochitenacatl. Fernandez, Hist. nov. Hisp., pag. 46. — « Tucana supernè nigra, infernè « viridis ; torque coccineo ; collo inferiore in inflmà parte dilutè rubris maculis utrinque lineis « vario; imo ventre et tectricibus caudæ inferioribus rubris; rectricibus nigris... » Tucana Mexicana torquata. Brisson, Ornithol., t. IV, p. 421.
* Ramphastos lorquatus (Latb., Gmei.}.
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c( quoi le dessus du cou est encore noir, et le dessous est blanchâtre, semé t( de quelques taches rouges et de petites lignes noires; la queue et les ailes a sont noires aussi, le ventre est vert, les jambes sont rouges, les pieds « sont d’un cendré verdâtre et les ongles noirs: il habite les bords de la c( mer et se nourrit de poissons. »
LE HOCHICAT.
CINQUIÈME ESPÈCE
C’est de même le nom, par contraction, que cet oiseau porte au Mexique. Fernandez est encore le seul qui l’ait indiqué : « Il est, dit-il, de la gran- « deur et de la forme d’un perroquet ; son plumage est presque entièrement « vert, seulement semé de quelques taches rouges ; les jambes et les pieds « sont noirs et courts ; le bec a quatre pouces de longueur; il est varié de « jaune et de noir. » Cet oiseau habite comme le précédent les bords de la mer, dans la contrée la plus chaude du Mexique.
LES ARACARIS.
Les aracaris, comme nous l’avons dit, sont bien plus petits que les toucans : on en connaît quatre espèces, toutes originaires des climats chauds de l’Amérique.