LE CALAO DES PHILIPPINES
HUITIÈME ESPÈCE
Cet oiseau, selon M. Brisson , est de la grosseur d’un dindon femelle; mais sa tête est proportionnellement bien plus grosse, et cela paraît nécessaire pour porter un bec de neuf pouces de longueur sur deux pouces huit lignes d’épaisseur, et qui porte lui-même au-dessus de la mandibule supérieure une excroissance cornée de six pouces de long sur trois pouces de largeur ; cette excroissance est un peu concave dans sa partie supérieure, et ses deux angles antérieurs sont prolongés en avant en forme de double corne ; elle s’étend en s’arrondissant sur la partie supérieure delà tête ; les narines sont placées vers l’origine du bec, au-dessous de cette excroissance, et tout le bec, ainsi que sa proéminence, est de couleur rougeâtre.
Ce calao a la tête, la gorge, le cou, le dessus du corps et les couvertures supérieures des ailes et de la queue noires; tout le dessous du corps est blanc; les pennes des ailes sont noires et marquées d’une tache blanche; toutes les pennes de la queue sont entièrement noires, à l’exception des deux extérieures, qui sont blanches; les pieds sont verdâtres.
George Camel a décrit avec d’autres oiseaux des Philippines une espèce de calao qui paraît assez voisine de celle-ci, mais qui cependant n’est pas absolument la même. Sa description a été communiquée à la Société royale par le docteur Petiver, et ensuite imprimée dans les Transactions philoso-
a. Calao avis. Petiver, GazophiL, pl. 31, fig. 1. — Avis Philippensis galeâ planâ. Idem, pl. 38, fig. 6. Nota que Petiver n’a représenté que le bec de cet oiseau. — Rhinocéros avis prima varietas. Willugbby, OrnithoL, pl. 17. Nota. Willughby n’a représenté que la tête et le bec. — « Hydrocorax supernè niger, infernè albus ; remigibus nigris, albâ maculâ notatis; rectricibus « decem intermediis nigris, utrimque extimà albà, rostro bicorni... » Hydrocorax Philippensis. Brisson, OrnithoL, X. IV, p. S68.
” Buccros bicornis (Lath., Gmel.). — « Le buceros bicornis est la femelle adulte, et le « buceros cavalus est le mâle en âge moyen. » (Cuvier.) — Sous-genre id.
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pkiques, n« 285, article iii ; on y voit que cet oiseau, nommé calao ou cagao par les Indiens, ne fréquente point les eaux, mais se lient sur les hauteurs et même sur les montagnes, vivant de fruits de baliti, qui est une espèce de figuier sauvage, ainsi que d’amandes, de pistaches, etc., qu’il avale tout entières. «Il a, dit l’auteur, le ventre noir; le croupion elle dos d’un cen- « dré brun; le cou et la tête roux ; la tête petite et noire autour des yeux; « les cils noirs et longs; les yeux bleus; le bec long de six à sept pouces, « un peu courbé en bas, dentelé, diaphane et de couleur de cinabre, large « d’un demi-pouce dans le milieu, élevé à l’origine de plus de deux pouces, « et recouvert en dessus d’une espèce de casque, long de six pouces et « large de près de deux : la langue est très-petite pour un aussi grand bec, « n’ayant pas un pouce de long; sa voix ressemble <à un grognement, et « plus au mugissement d’un veau qu’au cri d’un oiseau; les jambes, avec « les cuisses, sont jaunâtres et longues de six à sept pouces; les pieds ont « trois doigts en devant et un seul en arrière, écailleux, rougeâtres et armés « d’ongles noirs, solides et crochus ; la queue est composée de huit grandes « pennes blanches, longues de quinze à dix-huit pouces; les pennes des « ailes sont jaunes. Les Gentils révèrent cet oiseau, et racontent des fahles « de ses combats avec la grue, qu’ils nomment tipul ou tihol; ils disent que « c’est après ce combat que les grues ont été forcées de demeurer dans les « terres humides, et que les calaos n’ont pas voulu les souffrir dans leurs « montagnes. »
Cette espèce de description me paraît prouver assez clairement que les calaos ne sont pas des oiseaux d’eau ou de rivage : et comme les couleurs et quelques autres caractères sont différents des couleurs du calao des Philippines, décrit par M. Brisson, nous croyons qu’on doit au moins regarder celui-ci comme une variété de l’autre.