LE MARTIN-PÊCHEUR A GROS BEC
QUATRIÈME ESPÈCE
Le bec des martins-pêcheurs est ordinairement grand et fort : celui-ci l’a plus épais encore, et plus fort à proportion qu’aucun autre. L’oiseau entier a quatorze pouces; le bec seul en a plus de trois, et onze lignes d’épaisseur à sa base; la tête est coiffée de gris clair; le dos est vert-d’eau; les ailes sont d’un bleu d’aigue-marine; la queue est du même vert que le dos , elle est doublée de gris; tout le dessous du corps est d’un fauve terne et faible; le gros bec de ce martin-pêcheur est d’un rouge de cire d’Espagne.
LE MARTIN-PÊCHEUR PIE.'*’'
CINQUIÈME ESPÈCE
Le blanc et le noir, mêlés et coupés dans tout le plumage de cet oiseau, sont représentés par le nom que nous lui donnons de martin-pêcheur pie. Le dos est à fond noir nué de blanc; il y a une zone noire sur la poitrine; tout le devant du cou jusque sous le bec est blanc; les pennes de l’aile, noires du côté extérieur, sont en dedans tranchées de blanc et de noir, et
a. Cet observateur ajoute : « on trouve la même espèce dans l’Arabie heureuse, ainsi que « dans l’Abyssinie , comme on le voit par les dessins élégants et précieux de M. Bruce. » Second voyage dans l'hémisphère austral , par le capitaine Cook, t. I, in-4«, p. 36.
b. Voyez les planches enluminées, n° 590, sous la dénomination de Martin-pécheur du cap de Bonne-Espérance.
c. « Ispida supernè obscurè cæruleo-viridescens, ad cinereum inclinans, infernè fulva ; capite « superiore cinereo, ad fulvum vergente; collo fulvo ; dorso infîmo et uropygio dilutè cæruleo- « beryllinis; rectricibus subtus cinereis, supernè cæruleo viridescentibus , lateralibus interiùs « cinereo marginatis... » Ispida capilis Bonœ-Spei. Brisson, Ornithol., t. IV, p. 488.
d. Voyez les planches enluminées, n» 716, sous la dénomination de Martin-pécheur huppé du cap de Bonne-Espérance.
* Alcedo capensis (Lath., Gmel. ).
Alcedo rudis ( Lina. ).
LE MARTIN-PÊCHEUR PIE. 589
frangées de blanc; le haut de la tête et la huppe sont noires : le bec et les pieds le sont aussi; la longueur totale de l’oiseau est de près de huit pouces.
Ce martin-pêcheur est venu du cap de Bonne-Espérance ; en lui comparant un autre envoyé du Sénégal, et donné n“ 62 des planches enluminées nous n’avons pu nous empêcher de les regarder comme étant de la même espèce ‘ ; les différences que pourraient offrir les deux figures ne se trouvant point telles entre les deux oiseaux eux-mêmes ; par exemple, le noir dans la planche 62 n’est pas assez fort ni assez profond; les plumes de la tête, qui sont représentées couchées, ne sont pas moins susceptibles de se relever en huppe ; la différence la plus notable, mais qui n’est rien moins que spécifique, est que celui du Sénégal a dans son plumage plus de blanc, et celui du Cap un peu plus de noir. M. Edwards a donné un de ces oiseaux qui venait de Perse*; mais sa figure est assez défectueuse, et la distribution des couleurs n’y est nullement rendue; il déclare que cet oiseau avait été envoyé dans l’esprit-de-vin, et remarque lui- même combien les couleurs sont affaiblies et brouillées dans les oiseaux qui ont séjourné dans cette liqueur. Mais il n’y a nulle apparence que le martin-pêcheur blanc et noir de la Jamaïque, qu’indique Sloane% et dont il donne une figure sur la vérité de laquelle on ne peut guère compter, soit de la même espèce que celui du Sénégal ou du cap de Bonne-Espérance, quoique M. Brisson ne fasse aucune difficulté de les mettre ensemble ; un oiseau de vol court et rasant les rivages ne peut avoir fourni la traversée du vaste océan Atlantique, et la nature, si variée dans ses ouvrages, ne paraît avoir répété aucune de ses formes dans l’autre continent ; mais les avoir faites sur des modèles tout neufs quand elle n’a pu le peupler du fonds de ses anciennes productions A C’est apparemment aussi une espèce indigène, et entièrement propre aux terres où elle s’est trouvée, que celle des martins-pêcheurs qu’on a vus dans ces îles perdues au milieu des mers du Sud, et reconnues par les derniers navigateurs. M. Forster, dans le Second Voyage autour
a. « Ispida supernè albo et nigro varia, infernè alba, pectore etlateribus nigro maculatis ;
« capite et collo superiore nigris, lineolis longitudinalibus albis varias : tænià utrimque suprà « oculos candidà; rectricibus albis, fascià transversâ nigi’â versùs apicem notatis, utrimque « extimâ biais maculis semi-circularihus nigris insignità... » Is'pida ex albo et nigro varia. Brisson, Ornilhol., t. IV, p. 520. — «Alcedo macroura fusca albido varia...» Alcedo rudis. Linnæus, Syst. nat., édit. X, gen. 56, sp. 6.
b. History of Birds,X. I, p. 9,pl. 9; c’est apparemment d’après Edwards, que Klein en fait mention. « Ispida ex albo et nigro varia. » Avi., pag. 36, n® 8.
c. (( Ispida ex atro et albo varia. » Sloane , Janiaïc.^ pog. 313, n® 54, avec une figure défectueuse, tab. 255, fig. 3. Ray, Synops., aui., pag. 182, n“ 14, indique déjà une de ces espèces <ue martin-pêcheur blanc et noir.
1. Les oiseaux des n“ 716 et 62 des planches enluminces ne sont, en eü'et, que la même espèce.
2. La, nature, si variée dans ses ouvrages , ne parait avoir répété aucune de ses formes... mais les avoir faites sur des modèles tout neufs... Expressions charmantes et pleines de fraîclieur, mais d’une philosophie toute fictive. Voyez les notes de la page 550,
LE MARTIN-PÊCHEUR PIE
(lu monde du capitaine Cook, les a trouvés à Taïti à Huaheine ^ à Uliéléa, îles éloignées de quinze cents lieues de tous les continents. Ces martinspêcheurs sont d’un vert sombre avec un collier de la même couleur sur un cou blanc. Il paraît que quelques-uns de ces insulaires les regardent avec superstition, et l’on dirait qu’on s’est rencontré d’un bout du monde à l’autre pour imaginer aux oiseaux de la famille des alcyons quelques propriétés merveilleuses''.
LE MARTIN-PÊCHEUR HUPPÉ.'
SIXIÈME ESPÈCE
Ce martin-pêcheur a seize pouces de longueur, il est un des plus grands, son plumage est richement émaillé, quoiqu’il n’ait pas de couleurs éclatantes ; il est tout parsemé de gouttes blanches, jetées par lignes transversales sur un fond gris noirâtre du dos à la queue; la gorge est blanche avec des traits noirâtres sur les côtés ; la poitrine est émaillée de ces deux mêmes couleurs et de roux; le ventre est blanc; les flancs et les couvertures du dessous de la queue sont de couleur rousse. L’échelle a été omise dans la planche enluminée de cet oiseau, et il faut se le figurer d’un tiers plus gros et plus grand qu’il n’y est représenté.
M. Sonnerat donne une espèce de martin-pêcheur de la Nouvelle-Guinée (page 171), qui a beaucoup de rapport avec celui-ci par la taille et une partie des couleurs; noos ne prononcerons pas cependant sur l’identité de leurs espèces, et nous ne ferons qu’indiquer cette dernière, la figure qui est jointe à sa notice ne nous paraissant pas assez distincte.
а. Second voyage du capitaine Cook , t. I , p. 316.
б. Ibidem, page 405.
c. « L'après-midi nous tuâmes (à Uliétéa) des martins-pêcheurs; et au moment où je venais « de tirer le dernier, nous rencontrâmes Oreo et sa famille qui se promenaient sur la plaine « avec le capitaine Cook. Le chef ne remarqua pas l'oiseau que je tenais à la main, mais sa (' fille déplora la mort de son ealua (esprit ou génie) et s’enfuit loin de moi lorsque je voulus « la toucher; la mère et la plupart des femmes qui l’accompagnaient, paraissaient aussi affligées « de cet accident, et montant sur son hateau, le chef nous supplia, d’un air fort sérieux, de ne « pas tuer les martins-pêcheurs de son ile, non plus que les hérons, en nous laissant la permis- « sion de tirer tous les autres oiseaux. Nous avons cherché inutilement à découvrir la cause de « cette vénération pour ces deux espèces particulières. » Second voyage autour du monde par h, capitaine Cook, 1. 1, in-4°, p. 42S.
d. Voyez les planches enluminées, n® 679.
Alcedo maxima (Latin, Gmel.).
LE MAimN-PÊCHEUR A COIFFE NOIRE.