‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 3)Chapitre 474 sur 495 · PEE M 1ÈRE GRANDE ESPÈCE · texte numérisé non relu

PEE M 1ÈRE GRANDE ESPÈCE

Taparara est le nom générique du martin-pêcheur en langue garipane : nous l’appliquons à cette espèce, l’une de celles que l’on trouve à Cayenne ; elle est de la grandeur de l’étourneau ; le dessus de la tête, le dos et les épaules sont d’un beau bleu ; le croupion est bleu d’aigue-marine ; tout le dessous du corps est blanc ; les pennes de l’aile sont bleues en dehors, noires en dedans et en dessous; celles de la queue de même, excepté que les deux du milieu sont toutes bleues; au-dessous de l’occiput est une bande transversale noire. La grande quantité d’eau qui baigne les terres de la Guiane est favorable à la multiplication des martins-pêcheurs : aussi leurs espèces y sont nombreuses. Ces oteeaux indiquent les rivières poisson-

« cæruleo-violaceis , subtùs nigris... » Ispida Indica cristata. Brisson, Ornithol., t. IV, p. 506. — Alcedo cristata, orientalis, elegantissimè picta. SeLa, Yol. I, p. 104, tab. 67, flg. 4. — Ispida cristata. Klein, Avi., p. 34, n» 3.

a. « Avis auguralis parva varié picturata, rostri magni et longi, » Salaczac. Luzon. an martinus pescador? Camel, Transact. philosoph., numb. 285.

l. a Ispida supernè splendide viridis, infernè rufa; capite superiore, gutture, et tænià per « oculos splendidè cæruleis; utrimque tænià suprà oculos candidà, macula infra oculos rufes- (( cente; rectricibus subtùs nigricantibus , supernè splendidè viridibus, lateralibus interiùs K nigricantibus... » Ispida Indica. Brisson, Ornithol., t. IV, p. 479.

c. «Ispida supernè cærulea, infernè alba, tænià transversà Infrà occipitium nigricante ; « collo candido; uropygio cæruleo beryllino ; rectricibus subtùs nigiis, supernè cæruleis, *i lateralibus interiùs nigris. . » Ispida Cayanensis. Brisson , Ornithol., t. IV, p. h92.

* Alcedo cayanensis (Latli., Ginel., Desin.).

LE TAPARARA.

neuses; on en rencontre très-fréquemment sur leurs bords. Il y a quantité de grands martins-pêcheurs, nous dit M. de la Borde, sur la rivière Ouassa; mais ils ne s’attroupent jamais et vont toujours un à un ; ils nichent dans ces contrées comme en Europe, dans des trous creusés dans la coupe perpendiculaire des rivages; il y a toujours plusieurs de ces trous voisins les uns des autres, quoique chacun de leurs hôtes n’en vive pas moins solitairement. M. de la Borde a vu de leurs petits en septembre, apparemment qu’ils font dans ce climat plus d’une nichée. Le cri de ces oiseaux est carac, carac.

L’ALATL

SECONDE GRANDE ESPÈCE

Nous formons ce nom par contraction de celui A' achalalactli ou michalalactU , que cet oiseau porte au Mexique, suivant Fernandez : c’est une des plus grandes espèces de martins-pêcheurs ; sa longueur est de près de seize pouces, mais il n’a pas les couleurs aussi brillantes que les autres; le gris bleuâtre domine tout le dessus du corps; cette couleur est variée sur les ailes de franges blanches en festons à la pointe des pennes, desquelles les plus grandes sont noirâtres et coupées en dedans de larges dentelures blanches; celles de la queue sont largement rayées de blanc; le dessous du corps est d’un roux marron, qui s’éclaircit en remontant sur la poitrine, où il est écaillé ou maillé dans du gris; la gorge est blanche, et ce blanc, s’étendant sur les côtés du cou, en fait le tour entier, c’est par ce caractère que Nieremberg l’a nommé oiseau à collier; toute la tête et la nuque sont du même gris bleuâtre que le dos. Cet oiseau est voyageur; il arrive en certain temps de l’année dans les provinces septentrionales du Mexique, où il vient apparemment des contrées plus chaudes, car on le voit aux Antilles'’, et il nous a été envoyé de la Martinique. M. Adanson dit qu’il se trouve aussi, quoique assez rarement au Sénégal, dans les lieux voisins de

a. Voyez les planches enluminées, n“ 284, sous la dénomination de Martin-Pêcheur huppé du Mexique.

b. Aehalalactli , seu piscium voratrix. Fernandez, Hist. avi. nov. Hisp., p. 13, cap. ni. — Avis torquala. Nieremherg, p. 222. — Aehalalactli , seu avis piscium vibratrix. Jonston , Avi., p. 128. — Willughby, Ornithol.p. 301. — Ray, Synops.,p. 156. — « Ispida cristata , « supernè cinereo-cærulescens , infernè castanea , torque albo , versùs dorsum in acumen pro- « ducto; gutture et macula utrimque rostrum inter et oculum candidis; remigibus minoribus « et rectricibus nigricantibus , maculis transversis albis notatis, exteriùs cinereo cærulescente « marginalis. » Ispida Mexicana cristata. Brisson, Ornithol., t. IV, p. 518.

c. Brisson.

* Alcedo torquata (Lath., Gmel., Guv.).

L’ALATLT.

V embouchure du Niger Mais la difficulté d’imaginer qu’un oiseau de la Martinique se trouve en même temps au Sénégal le frappe lui-même, et lui fait chercher des différences entre V achalalacUi de Fernandez et de Nieremberg et ce martin-pêcheur d’Afrique ; de ces différences il résulterait que l’oiseau donné par M. Brisson et dans nos planches enluminées serait, non le véritable achalalacUi du Mexique, mais celui du Sénégal ; et nous ne doutons pas en effet qu’à cette distance de climats, des oiseaux incapables d’une longue traversée ne soient d’espèces différentes.

LE JAGUACATI.^^*

TROISIÈME GRANDE ESPÈCE

Nous avons vu que l’espèce du martin-pêcheur d’Europe se trouve en Asie et paraît occuper toute l’étendue de l’ancien continent; en voici un qui se trouve d’une extrémité à l’autre dans le nouveau, depuis la baie d’Hudson au Brésil. Marcgrave l’a décrit sous le nom brésilien de Jaguacatiguacu et de papapeixe que lui donnent les Portugais. Calesby l’a vu à la Caroline, où il dit que cet oiseau fait sa proie de lézards ainsi que de poissons'*. Edwards l’a reçu de la baie d’Hudson, où il paraît dans le printemps et l’été ^ M. Brisson l’a donné trois fois d’après ces trois auteurs f, sans les comparer, puisque la ressemblance est frappante, et qu’Edwards la remarque lui-même». Nous avons reçu ce martin-pêcheur de Saint-Domingue et de la Louisiane, et il est gravé sous le nom de ces deux pays dans les planches enluminées*; on n’y voit que quelques petites différences qui nous ont encore paru moindres dans la comparaison des deux oiseaux en nature : par exemple, le bec dans la planche 593 devrait être noir, et les flancs, comme dans l’autre, marqués de roux; le petit frangé blanc du milieu de

a. Voyez Supplément de l’Encyclopédie , au mot AchalalacUi.

b. Voyez les plauclies enluminées, n° S93, sous le nom de Marlin-pécheur huppé de Saint- Domingue; et n“ 713, sous celui de Martin-pêcheur huppé de la Louisiane.

c. Jaguacali-guacu Brasiliensibus , papapeixe Lusitanis. Marcgrave, Hist. nat. Biasil., p. 194. — Jonston, Avi., p. 103. — Ray, Synops.,p- 49, n° 2. — Willugliby, OrnithoL, p. 102. — Mœlir. Avi., gen. 113. — Alcedo muta cirrata , subviridis. Barrère, France équinox-, page 122.

d. Carolina, t. I, p. 69.

e. American king’s-fisher. Edwards, Hist., t. III, p. et pi. 115.

/'. Ispida Brasiliensis cristata. Brisson, OrnithoL, t. IV, p. 511, sp. 20. — Ispida Carolinensis cristata. Idem, ibid, p. 512, sp. 21. — Ispida Dominicensis cristata. Idem, ibid,, p. 515, sp. 22.

g. Hist., t. III, p. 115.

h. N»s 593 et 715.

* AUcdo alcyon (Latli., Cuv.).

LE JAGüACATI. 603

l’aile devrait s’y trouver aussi. Ces particularités sont minutieuses en ellesmêmes, mais elles deviennent importantes pour ne pas multiplier les espèces sur des différences supposées ; les seules différences réelles que la comparaison des deux individus nous ait offertes sont dans l'echarpe de la gorge, qui est un peu festonnée de roux dans ce martin-pêcheur venu de Saint- Domingue, et simplement grise dans l’autre, et dans la queue, qui, dans le premier, est un peu plus tiquetée et régulièrement semée de gouttes sur toutes ses pennes, au lieu que les gouttes sont moins visibles dans celles du second, et ne paraissent bien que quand l’oiseau s’épanouit; du reste, tout le dessus du corps est également d’un beau gris de fer ou d’ardoise; les plumes de la tête, relevées en huppe, sont de la même couleur; le tour du cou est blanc, ainsi que la gorge; il y a du roux sur la poitrine et sur les flancs; les pennes de l’aile sont noires, marquées de blanc à la pointe, et coupées dans leur milieu d’un petit frangé blanc, qui n’est que le bord de grandes échancrures blanches que portent les barbes intérieures, et qui paraissent quand l’aile se déploie. Maregrave désigne la grandeur de ces oiseaux en les comparant à la litorne [magnitudo ut turdelœ) ; Klein, qui ne connaissait pas I(ps grands martins-pêcheurs de la Nouvelle-Guinée, prend celui-ci pour la plus grande espèce de ce genre.

LE MATUITUI.“*

QUATRIÈME ESPÈCE

Maregrave décrit encore ce martin-pêcheur du Brésil, et lui donne ses véritables caractères ; le cou et les pieds courts ; le bec droit et fort ; sa partie supérieure est d’un rouge de vermillon, elle avance sur l’inférieure et se courbe un peu à sa pointe, particularité observée déjà dans le grand martin-pêcheur de la Nouvelle-Guinée. Celui-ci est de la taille de l’étourneau ; toutes les plumes de la tête, du dessus du cou, du dos, des ailes et de la queue sont fauves ou brunes, tachetées de blanc jaunâtre, comme dans l’épervier; la gorge est jaune; la poitrine et le ventre sont blancs, pointillés de brun. Maregrave ne dit rien de particulier de ses habitudes naturelles.

On trouve dans Fernandez et dans Nieremberg quelques oiseaux auxquels

a. Matuitui Brasüiensibus. Maregrave, Hist. nat. Bras., p. 217. — Matuitui. Pison, Hist. nat., p. 95. — Jonston, Avi., p. 148. — Ray, Synops., p. 165, n» 3. — WRlughRy, Ornithol., p. 147. « Ispida supernè fusca, pallidè flavo maculata, iiifernè alba, fusco punctulata;

« gulture flavo ; remigibus, rectricibusque fuscis, maculis transversis pallidè flavis notatis... » Ispida Brasiliensis nœvia. Brisson, Oi nilhoL, t. IV, p. 524.

* Alcedo maculata (Lath., Gmel., Desm.J.

LE MÂTUITUI.

on a donné mal à propos le nom de martins-pêcheurs, et qui n’appartiennent point à ce genre; ces oiseaux sont : 1“ le hoactli dont les jambes ont un pied de long, et qui par conséquent n’est point un martin-pêcheur; 2“ Xaxoquen \ qui a le cou et les pieds également longs; 3° Vacacahoactli, ou l'oiseau aquatique à voix rauque de Nieremberg qui étend et replie un long cou, et qui paraît être une espèce de cigogne ou dejabiru, assez approchante du hoacton, que M. Brisson appelle héron huppé du Mexique Nous en dirons autant du tolcomoctlï et du hoexocanauhtli de Fernandez®, qui se rapporteraient davantage à ce genre, mais qui paraissent avoir quelques habitudes contraires à celles des martins-pêcheurs f, quoique les Espagnols les appellent, comme les précédents, martineles pescadors ; mais Fernandez remarque qu’ils ont donné ce nom à des oiseaux d’espèces très-différentes, par la seule raison qu’ils les voient également vivre de la capture des poissons.

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