L’HABIT-UNI
M. Edwards se plaint en quelque sorte de ce que le plumage de cet oiseau est trop simple, trop monotone, et n’a aucun accident par lequel on puisse le caractériser : je le caractérise ici par cette simplicité même. Il a une espèce de capuchon cendré tirant un peu sur le vert, lequel couvre la tête et le COU; tout le dessus du corps, compris les ailes et la queue, d un brun roussâtre; les pennes cendrées en dessous, le bec noir et les pieds bruns.
Cet oiseau est de la grosseur de la fauvette de haie, mais il n est pas de la même espèce, quoique M. Edwards lui en ait donné le nom, car il avoue expressément qu’il a le bec plus épais et plus fort que cette fauvette . on le trouve à la Jamaïque.
LES PITPITS.
Quoique ces oiseaux ressemblent beaucoup aux figuiers et qu ils se trouvent ensemble dans le nouveau continent, ils diffèrent néanmoins assez les uns des autres pour qu’on puisse en former deux genres distincts et séparés. La plupart des figuiers sont voyageurs, tous les pilpits sont sédentaiies dans les climats' les plus chauds de l’Amérique; ils demeurent dans les bois et se perchent sur les grands arbres, au lieu que les figuiers ne fréquentent
a. The American hedge sparrow , moineau de buisson de 1 Amérique. Edwards, pl. 122. — « Ficedula supevnè fusco rufescens, infernè alba, t'uscescente adumbrata; capite et collo cine- « reo-virescentibus ; rectricibns supernè fusco-rufescentibus , subtùs cinerescentibus...... »
Curuca sepiaria Jamaïcends , fauvette de baie de la Jamaïque. Brisson, t. VI, supplément, p. 100. — « Motacilla grisca, capite virescente-cinereo , rectricibus concoloribus, abdomine U albido.... » Molacillacarnpestris. Linuæns, édit. XIII , p. 329, g. 114, sp. 5.
* Mulacil'a campeslris (Grnel.).
Ordre id., famille des Coniroslres, genre Cassiques , sous-genre Pilpits (Cuv. ). — «Les « Pilpits représentent en petit les carouges par lem’ bec conique et aigu. Ils les lient avec les « figuiers. Il (Cuvier.)
LES IMTPITS.
filière que les lieux découverts, et se tiennent sur les buissons ou sur les ai'bres de moyenne hauteur. Les pitpits ont aussi les mœurs plus sociales que les liguiers; ils vont par grandes troupes et ils se mêlent plus familièrement avec de petits oiseaux d’espèces étrangères; ils sont aussi plus gais et plus vifs, et toujours sautillants; mais indépendamment de cette diversité dans les habitudes naturelles, il y a aussi des diHérences dans la conformation ; les pitpits ont le bec plus gros et moins effilé que les figuiers, et c’est par cette raison que nous avons placé les oiseaux à bec demi-fin entre eux et les figuiers, desquels ils diffèrent encore en ce qu’ils ont la queue coupée carrément, tandis que tous les figuiers l’ont un peu fourchue : ces deux caractères du bec et de la queue sont assez marqués pour qu’on doive séparer ces oiseaux en deux genres.
Nous connaissons cinq espèces dans celui des pitpits, et toutes cinq se trouvent à la Guiane et au Brésil , et sont à peu près de la même grandeur.
LE PITPIT VERT.
PREMIÈRE ESPÈCE
Les pitpits sont en général à peu près de la grandeur des figuiers, mais un peu plus gros; ils ont quatre pouces et demi ou cinq pouces de longueur : celui-ci, que nous appelons le püpit vert, n’a que la tête et les petites couvertures supérieures des ailes d’un beau bleu, et la gorge d’un gris bleuâtre; mais tout le reste du corps et les grandes couvertures supérieures des ailes sont d’un vert brillant; les pennes des ailes sont brunes et bordées extérieurement de vert; celles de la queue sont d’un vert plus obscur; le bec est brun et les pieds sont gris : on le trouve assez communément à Cayenne.
LE PITPIT BLEU.
SECONDE ESPÈCE
Le pitpit bleu est aussi commun à la Guiane que le pitpit vert : il est à peu près de la même grosseur; cependant il forme une espèce séparée qui
a. « FiceJula splendidè viridis, capite et tectricibus alarum superioribus minimis cæruleis; O guUure cinereo-cærulescente ; rectricibus subtus cinereo-cærulescentibus , lateralibus supeniè « fuscis, oris exterioribus viridibus.... » Sylvia viridis. Brisson, OrnilhoL, t. III, p. 531: et plaiiclie 28 , figure 4.
(>■ « Ficedula splendidè cærulea ; basi rostri nigro circumdatà ; dorso superiore nigra; remi-
* Alotacilla cyanocephala (Linn.).
** iMulacitla cayana (Linn.).
43 LE PITPIT BLEU.
a mèiue des variétés. Il a le front, les côtés de la tête, la partie antérieure du dos, les ailes et la queue d’un beau noir ; le reste du plumage est d un beau bleu ; le bec est noirâtre et les pieds sont gris.
Variétés du pilpit bleu.
Une première variété du pitpit bleu est l’oiseau qu’Edwards a donné sous le nom de manakin bleu^, car il ne diffère du pitpit bleu qu en ce qu il a la gorge noire et que le front, ainsi que les côtés de la tête, sont bleus comme
le reste du corps. ' ^
Une seconde variété de cette même espèce est l’oiseau qm est représente dans les planches enluminées, n“ 669, fig. 1, sous la dénomination de pitpit bleu de Cayenne, qui ne diffère du pitpit bleu qu’en ce qu’il n’a pas de noir sur le front ni sur les côtés de la tête.
Nous sommes obligés de remarquer que M. Brisson a regardé l’oiseau du Mexique donné par Fernandez^ sous le nom éVelotototl, comme un pitpit bleu ; mais nous ne voyons pas sur quoi il a pu fonder cette opinion, car Fernandez est le seul qui ait vu cet oiseau, et voici tout ce qu’il en dit : c( L'elotototl est à peine de la grandeur du chardonneret; il est blanc ou « bleuâtre, et sa queue est noire; il habite les montagnes de Tetzcocano; « sa chair n’est pas mauvaise à manger; il n’a point de chant, et c’est « par cette raison qu’on ne l’élève pas dans les maisons. » On voit bien que, par une pareille indication, il n’y a pas plus de raison de dire que cet oiseau du Mexique est un pitpit qu’un oiseau d’un autre genre.
LE PITPIT YÂRIÉ.
TROISIÈME ESPÈCE
Cet oiseau ^ se trouve à Surinam et à Cayenne ; il a le front de couleur d’aigue-marine, le dessus de la tête et du cou et le dos d’un beau noir, le
« nbus nigris, oris exteiioribus -viridi-cæraleis ; rectricibus penitus nigris..,. » Sylvta Cayanelsis cœrulea. Biisson , OrnWwl., t. III , p. 534 ; et pl. 28 , flg. 1. - « Motacilla cærulea, <i capistro, Inimeiis alis caudâque nigris... » Motacilla Cayana. Linnæus, Syst. nat. , édit. XII , p. 336.
a. Edwards, Glan., p. 112, avec une figure coloriée, pl. 2G3.
h. Elolototl , Fernandez, llist. nov. Hisp., p. 54, cap. ccix. — Elntototl quarta. Ray,
Synops. avi-, p. 170. .
c. Voyez les planches enluminées, n» G69 , figure 3 , sous le nom de pitpit bleu de Surinam.
d. Red belly’d blue-bird, Muscicapa cœrulea ventre rubro. Edwards, llist. of Birds, p. 22. Luscinia ex cœruleo et rubro varia. Klein , Avi., p. 75, n° 15. — « Ficedula supernè splmdide
* Motacilla velia (Linn.). - C’est un tangara : tanagra varia (Desm.). — Genre Tangaras, sous-genre Tangaras proprement dits (Cuv.).
LE PITPIT VARIÉ.
croupion vert doré, la gorge d’un bleu violet, la partie inférieure du cou et la poitrine variées de violet et de brun; le reste du dessous du corps est roux ; les couvertures supérieures de la queue et les petites couvertures du dessus des ailes sont bleues; les grandes couvertures et les pennes des ailes, et celles de la queue sont noires, bordées de bleu ; la mandibule supérieure du bec est brune; l’inférieure est blanchâtre; les pieds sont cendrés.