‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 13 sur 105 · Voyez la note 2 de la page · texte numérisé non relu

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3. C’est tout le contraire. Cette argile, c’est-à-dire le kaolin, résulte précisément de la décomposition du feldspath.

4. Le grès est composé de grains de quartz, reliés par un ciment de calcaire ou de silice.

DU FELDSPATH

plus longtemps liquides que les autres, parce qu’il ne leur fallait qu’un moindre degré de feu pour les tenir en fusion : ils ont donc pu s’allier avec les fragments décrépites et les exfoliations du quartz et du jaspe, qui déjà étaient à demi consolidés.

Au reste, le feldspath, qui n’a été bien connu en Europe que dans ces derniers temps, entrait néanmoins dans la composition des anciennes porcelaines de la Chine, sous le nom de petunt-zé' ; et aujourd'hui nous l’employons de même pour nos porcelaines, et pour faire les émaux blancs des plus belles faïences.

Dans les porphyres et les granités, le feldspath est cristallisé tantôt régulièrement en rhombes, et quelquefois confusément et sans figure déterminée; nous n’en connaissions que de deux couleurs, l’un blanc ou blanchâtre, et l’autre rouge ou rouge violet; mais on a découvert depuis peu un feldspath vert qui se trouve, dit-on, dans l’Amérique septentrionale, et auquel on a donné le nom Aq pierre de Labrador’^. Cette pierre, dont on n’a vu que de petits échantillons, est chatoyante, et composée, comme le feldspath, de cristaux en rhombes; elle a de même la cassure spathique, elle se fond aussi aisément, et se convertit comme le feldspath en un verre blanc : ainsi l’on ne peut douter que cette pierre ne soit de la même nature que ce spath , quoique sa couleur soit différente; cette couleur est d’un assez beau vert, et quelquefois d’un vert bleuâtre et toujours à reflets chatoyants. La grande dureté de celte pierre la rend susceptible d’un trèsbeau poli; et il serait à désirer qu’on pût l’employer comme le jaspe ; mais il y a toute apparence qu’on ne la trouvera pas en grandes masses, puisqu’elle est de la même nature que le feldspath , qui ne s’est trouvé nulle part en assez grand volume pour en faire des vases ou des plaques de quelques pouces d’étendue.

DU SCIIORL.

Le schorl ^ est le dernier de nos cinq verres primitifs; et comme il a plusieurs caractères communs avec le feldspath, nous verrons, en les comparant ensemble par leurs ressemblances et parleurs différences, que tous deux ont une origine commune, et qu’ils se sont formés en même temps et par les mêmes effets de nature lors de la vitrification générale.

1. « Le vernis qui recouvre la porcelaine est le feldspath lui-même ou orthose, non altéré, « que l’on désigne alors sous le nom de petunt-zé. » (Beudant. )

2. Ou lahradorite . — La labradorite est essentiellement composée de silice, (T alumine, de chaux et de soude : souvent une certaine quantité d’oxyde de fer tient lieu d'une proportion correspondante d’une des bases,

3. Le nom de schorl a été donné à un grand nombre de minéraux. Werner l’appliquait à la tourmaline ou schorl électrique.

DU SCIIORL.

Le schori est im verre spalhique, c’est-à-dire composé de lames longitudinales comme le feldspath ; il se présente de même en petites masses cristallisées, et ses cristaux sont des prismes surmontés de pyramides, au lieu que ceux du feldspath sont en rhombesj ils sont tous deux également fusibles sans addition, seulement la fusion du feldspath s’opère sans bouillonnement, au lieu que celle du schori se fait en bouillonnant. Le schori blanc donne, comme le feldspath, un verre blanc, et le schori brun ou noirâtre donne un verre noir; tous deux étincellent sous le choc de l’acier, tous deux ne font aucune effervescence avec les acides; la base de tous les deux est également quartzeuse, mais il paraît que le quartz est encore plus mélangé de matières étrangères dans le schori que dans le feldspath, car ses couleurs sont plus fortes et plus foncées, ses cristaux plus opaques, sa cassure moins nette et sa substance moins homogène; enfin, tous deux entrent comme parties constituantes dans la composition de plusieurs matières vitreuses en grandes masses, et en parliculier dans celle des porphyres et des granités.

Je sais que quelques naturalistes récents ont voulu regarder comme un schori les grandes masses d’une matière qui se trouve en Limousin, et qu’ils ont indiquée sous les noms de basalte antique ou de gabro^; mais cette matière, qui ne me paraît être qu’une sorte de trapp, est très-différente du schori primitif ; elle ne se présente pas en petites masses cristallisées en prismes surmontés de pyramides; elle est au contraire en masses informes, et personne assurément ne pourra se persuader que les cristaux de schori, que nous voyons dans les porphyres et les granités, soient de cette même matière de trapp ou de gabro, qui diffère du vrai schori, tant par l’origine que par la figuration et par le temps de leur formation, puisque le schori a été formé par le feu primitif, et que ce trapp ou ce gabro n’a été produit que par le feu des volcans.

Souvent les naturalistes, et plus souvent encore les chimistes, lorsqu’ils ont observé quelques rapports communs entre deux ou plusieurs substances, n’hésitent pas de les rapportera la même dénomination : c’est là l’erreur majeure de tous les méthodistes ; ils veulent traiter la nature par genres, même dans les minéraux, où il n’y a que des sortes et point d’espèces-; et ces sortes plus ou moins différentes entre elles, ne peuvent par conséquent être indiquées par la même dénomination ; aussi les méthodes ont-elles mis plus de confusion dans l’histoire de la nature que les obser-

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