Planches enluminées de Buffon , n
sieurs caractères qui le rapprochent plus des ramiers que d’aucune aune espèce d’oiseau.
IV. — Le pigeon des îles Nincombar, ou plutôt Nicobar‘, décrit et dessiné par Albin qui, selon lui , est de la grandeur de notre ramier d’Europe, dont la tête et la gorge sont d’un noir bleuâtre, le ventre d’un brun noirâtre, et les parties supérieures du corps et des ailes variées de bleu, de rouge, de pourpre, de jaune et de vert. Selon M. Edwards, qui a donné depuis Albin une très-bonne description et une excellente figure de cet
oiseau®, il ne paraissait que de la grosseur d’un pigeon ordinaire Les
plumes sur le cou sont longues et pointues comme celles d’un coq de bassecour, elles ont de très-beaux reflets de couleurs variées de bleu, de rouge, d’or et de couleur de cuivre; le dos et le dessus des ailes sont verts, avec
des reflets d’or et cuivre J’ai, ajoute M. Edwards, trouvé dans Albin
des figures qu’il appelle le coq et \o poule de celte espèce ; je les ai examinées ensuite chez le chevalier Sloane, et je n’ai pu y trouver aucune différence de laquelle on pourrait conclure que ces oiseaux fussent le mâle
et la femelle Albin l’appelle pigeon Ninkcombar ; le vrai nom de l’île
d’où cet oiseau a été apporté est Nicobar Il y a plusieurs petites îles qui
portent ce nom , et qui sont situées au nord de Sumatra.
V. — L’oiseau nommé par les Hollandais crown- lüogel , donné par M. Edwards, pl. cccxxxviii, sous le nom de gros pigeon couronné des Indes; et, par M. Brisson % sous celui de faisan couronné des Indes-.
Quoique cet oiseau soit aussi gros qu’un dindon, il paraît certain qu’il appartient au genre du pigeon; il en a le bec, la tête, le cou, toute la forme du corps; les jambes, les pieds, les ongles, la voix, le roucoulement, les mœurs, etc. : c’est parce qu’on a été trompé par sa grosseur qu’on n’a pas songé à le comparer au pigeon, et que M. Brisson, et ensuite notre dessinateur, l’ont appelé faisan. Le dernier volume des Oiseaux deM. Edwards n’avait pas encore paru, mais voici ce qu’en dit cet habile ornithologiste ; « Il est de la famille des pigeons, quoique aussi gros qu’un dindon de
« médiocre grandeur M. Loten a rapporté des Indes plusieurs de ces
« oiseaux vivants Il est natif de l’île de Banda..... M. Loten m’a assuré
« que c’est proprement un pigeon, et qu’il en a tous les gestes et tous les « tons ou roucoulements en caressant sa femelle : j’avoue que je n’aurais « jamais songé à trouver un pigeon, dans un oiseau de cette grosseur, sans « une telle information'®. »
a. « Pigeon de Nincombar. » Albin, t. III, p. 20, avec des figures, planche xlvii, le mâle ; et planche xlviii, la femelle. — Cette différencs de sexe donnée par Albin n’est pas certaine ; voyez ci-apiès ce qu’en dit M. Edwards.
b. Edwards, Glanures, page 271 et suiv., pl. cccxxxix.
c. Brisson, Ornithol., t. I, page 278 , pl. vi. fig. 1.
d. Edwards , Glanures , page 269 et suiv.