‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 5)Chapitre 197 sur 240 · Voyez la note précédente · texte numérisé non relu

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LE CORBEAU

nom Ae,corbeau blanc du iVorf/“', et qu’il eût été plus naturel, ce me semble, d’appeler corbeau noir et blanc, puisqu’il a le dessus du corps noir, le dessous blanc et la tête blanche et noire, ainsi que le bec, les pieds, la queue et les ailes. Celles-ci ont vingt et une pennes, et la queue en â douze, dans lesquelles il y a une singularité à remarquer, c’est que les correspondantes de chaque côté, je veux dire les pennes qui de chaque côté sont à égale distance des deux du milieu, et qui sont ordinairement semblables entre elles pour la forme et pour la distribution des couleurs, ont, dans l’individu décrit par M. Brisson, plus ou moins de blanc et distribué d’une manière différente, ce qui me ferait soupçonner que le blanc est ici une altération de la couleur naturelle, qui est le noir, un effet accidentel de la température excessive du climat, laquelle, comme cause extérieure, n’agit pas toujours uniformément en toutes saisons ni en toutes circonstances, et dont les effets ne sont jamais aussi réguliers que ceux qui sont produits par la constante activité du moule intérieur; et si ma conjecture est vraie, il n’y a aucune raison de faire une espèce particulière, ni même une race ou variété permanente de cet oiseau, lequel ne diffère d’ailleurs de notre corbeau ordinaire que par ses ailes un peu plus longues; de même que tous les animaux des pays du Nord ont le poil plus long que ceux de même espèce qui habitent des climats tempérés.

Au reste, les variations dans le plumage d’un oiseau aussi généralement, aussi profondément noir que le corbeau, variations produites par la seule différence de l’âge, du climat, ou par d’autres causes purement accidentelles, sont une nouvelle preuve, ajoutée à tant d’autres, que la couleur ne fit jamais un caractère constant, et que dans aucun cas elle ne doit être regardée comme un attribut essentiel.

Outre cette variété de couleur, il y a aussi dans l’espèce des corbeaux variété de grandeur : ceux du mont Jura, par exemple, ont paru à M. Hébert, qui a été à portée de les observer, plus grands et plus forts que ceux des montagnes du Bugey; et Aristote nous apprend que les corbeaux et les éperviers sont plus petits dans l’Égypte que dans la Grèce*.

a. Ornithologie, t. VI. Supplément, p. 33.

b. Historia animalium, lib. viii, cap. xxxviii.

1. Ces variétés ne sont pas même constantes : elles ne sont qu’individuelles. — Pour ce qui regarde la durée de vie, attribuée au corbeau, voyez mon article sur la longévité comparée des espèces {Journal des savants, janvier 1853).

OISEAUX ÉTRANGERS

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