Voyez la note de la page 32 du III® volume
3. Ces Suppléments ou Additions forment le IV® volume de cette édition,
4. Aussi cet ouvrage, fruit de vingt ans d’étude, est-il resté l’ouvrage fondamental peur l’Histoire des quadrupèdes.
PLAN DE L’OUVRAGE
rassemblé plus de sept ou huit cents espèces, c’est que souvent il nous arrive de nouveaux oiseaux qui ne sont décrits nulle part, et que d’un autre côté il y en a plusieurs qui ont été indiqués par nos ornithologistes modernes qui nous manquent encore, et que nous n’avons pu nous procurer. Il existe peut-être quinze cents, peut-être deux mille* espèces d’oiseaux ; pouvons-nous espérer de les rassembler toutes? et cela n’est encore que l’une des moindres difficultés que l’on pourra lever avec le temps; il y a plusieurs autres obstacles dont nous avons surmonté quelques-uns, et dont les autres nous paraissent invincibles. Il faut qu’on me permette d’entrer ici dans le détail de toutes ces difficultés; cette exposition est d’autant plus nécessaire, que sans elle on ne concevrait pas les raisons du plan et de la forme de mon ouvrage.
Les espèces dans les oiseaux sont non-seulement en beaucoup plus grand nombre que dans les animaux quadrupèdes, mais elles sont aussi sujettes à beaucoup plus de variétés : c’est une suite nécessaire de la loi des combinaisons, où le nombre des résultats augmente en bien plus grande raison que celui des éléments; c’est aussi une règle que la nature semble s’être prescrite à mesure qu’elle se multiplie, car les grands animaux, qui ne produisent que rarement et en petit nombre, n’ont que peu d’espèces voisines, et point de variétés, tandis que les petits tiennent à un grand nombre d’autres familles, et sont sujets, dans chaque espèce, à varier beaucoup; et les oiseaux paraissent varier encore beaucoup plus que les petits animaux quadrupèdes, parce qu’en général les oiseaux sont plus nombreux, plus petits, et qu’ils produisent en plus grand nombre. Indépendamment de cette cause générale, il y en a de particulières pour les variétés dans plusieurs espèces d’oiseaux. Le mâle et la femelle n’ont, dans les quadrupèdes, que des différences assez légères, elles sont bien plus grandes et bien plus apparentes dans les oiseaux; souvent la femelle est si différente du mâle par la grandeur et les couleurs, qu’on les croirait chacun d’une espèce diverse : plusieurs de nos naturalistes, même des plus habiles, s’y sont mépris, et ont donné le mâle et la femelle d’une même espèce comme deux espèces distinctes et séparées; aussi le premier trait de la description d’un oiseau doit être l’indication de la ressemblance ou de la difl'érence du mâle et de la femelle.
Ainsi, pour connaître exactement tous les oiseaux, un seul individu de chaque espèce ne suffit pas, il en faut deux, un mâle et une femelle; il en faudrait même trois ou quatre, car les jeunes oiseaux sont encore trèsdifférents des adultes et des vieux. Qu’on se représente donc que, s’il existe deux mille espèces d’oiseaux, il faudrait en rassembler huit mille individus pour les bien connaître, et l’on jugera facilement de l’impossibilité de faire